Illustration de la mairie de Paris.
Illustration de la mairie de Paris. - 20 MINUTES/SIPA

Combien d’agents travaillent au service propreté de la ville de Paris ? Combien de subventions ont été refusées l’an dernier ? Quelle durée faut-il, en moyenne, à la ville de Paris pour payer ses factures ?

Les réponses sont à dénicher sur opendata.paris. Ce mercredi, la ville de Paris accélère sur l’open data en libérant sur la toile 41 jeux de données sur son budget et sur le profil des employés qu’elle salarie. Difficile de connaître le nombre exact de données libérées, mais sur le seul volet « budget de la ville », cela représente 230.205 données mises en ligne.

Comment l’open data bouleverse nos habitudes

Un processus commencé en 2011

Ces données sont à consulter la plateforme opendata.paris.fr où la ville a déjà compilé 144 jeux de données depuis 2011. On y trouve de tout, de l’emplacement des arbres parisiens, aux places de stationnement, en passant par l’ordre du jour du Conseil Municipal…

D’accord, mais pour quoi faire ? Le premier enjeu avancé, c’est la transparence et l’envie de plus de démocratie. « Sur les données financières, les Parisiens pourront désormais avoir accès aux budgets de la ville de Paris depuis 2009, à l’état de la dette, au programme d’investissement de la mandature, aux subventions accordées ou refusées par la ville, mais aussi à la liste des marchés passés par la ville », indique Julien Bargeton, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des finances. Cette libération de données n’est pas sans risque pour l’équipe d’Anne Hidalgo. « On s’expose à une lecture malveillante ou orientée politiquement de ces données, note Jean-Louis Missika, l’adjoint au maire en charge du développement économique et de l’attractivité. Mais c’est cela le débat démocratique, cela ne nous fait pas peur. »

Susciter la créativité des startup

L’opposition devrait se faire plaisir. Les start-up aussi. C’est l’autre objectif visé : susciter la curiosité des entrepreneurs qui pourront imaginer de nouveaux services à partir de ces données. « Lorsque nous avons libéré des données de la direction d’urbanisme de la ville de Paris, notamment une cartographie en volume de la ville de Paris, une start-up spécialisée dans l’analyse de la micropollution s’en était servie pour améliorer spectaculairement ses services aux clients », illustre Jean-Louis Missika.

Il est plus difficile d’imaginer ce que vont bien pouvoir faire les entrepreneurs parisiens des nouvelles données libérées. Encore que, Emmanuel Grégoire, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des Ressources humaines, a déjà une petite idée : « Il sera possible, par exemple, d’anticiper nos besoins de recrutement, corps de métier par corps de métier. Ces données vont forcément intéresser des cabinets de recrutement, des sociologues, des entreprises spécialisées dans les logiciels de gestion RH… »

Anticiper les marchés publics

Les données financières ne devraient pas non plus être laissées pour compte. « Nous publions désormais le plan d’investissement sur la mandature, reprend Jean-Louis Missika. Avec ce document, vous savez combien de crèches vont être ouverte sur la mandature, où et quand. Des start-up pourraient mettre au point des outils pour anticiper les marchés publics que vont passer la ville ou même un e application pour connaître la probabilité de chance que vous avez de remporter un de ces marchés. » De quoi intéresser sûrement les entreprises du bâtiment public. Les plus petites en particulier.

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