Où faut-il aménager l'extension du stade Roland-Garros? E rognant sur les jardins des serres d'Auteuil comme le souhaite la FFT ou en couvrant une partie de l'A13 comme le préconisent des associations de défense de l'environnement.
Où faut-il aménager l'extension du stade Roland-Garros? E rognant sur les jardins des serres d'Auteuil comme le souhaite la FFT ou en couvrant une partie de l'A13 comme le préconisent des associations de défense de l'environnement. - SIMON ISABELLE/SIPA

Le stade de Roland-Garros doit s’agrandir. Sur ce point, tout le monde est d’accord. Il en va de la sauvegarde des Internationaux de France, l’un des quatre tournois du Grand Chelem au monde. Mais où gagner de l’espace ? Sur les jardins des Serres d’Auteuil, comme l’imagine le projet porté par la Fédération française de tennis (FFT) ? Ou en couvrant une partie de l’autoroute A13 pour accueillir les nouveaux courts, comme le préfèrent plusieurs associations de défense de l’environnement ?

Le débat divise au sein même de la majorité municipale parisienne, les socialistes soutenant le projet de la FFT et les écologistes lui préférant celui des associations. Autant dire que le dossier ne sera pas balayé en quelques secondes, ce jeudi au conseil de Paris. Un rapport de 160 pages, comparant la faisabilité technique et la pertinence des deux projets, sera présenté aux élus.

« Une étude partiale »

Enfin, « comparé » ne serait pas le bon terme à écouter Anne Sourys et David Belliard, les deux présidents du groupe Ecolo de Paris. L’étude réalisée par le cabinet Egis est partiale pour les deux élus. « Le projet alternatif n’a pas été pris en compte avec sérieux. Nous souhaitions une véritable comparaison, notamment sur l’impact environnemental des deux projets. Nous ne l’avons pas eu. »

Yves Contassot, conseiller EELV de Paris qui a particulièrement suivi ce dossier, ne met pas tant en cause le travail d’Egis, mais de son commanditaire : la FFT. « Il y a une différence entre le rapport et les conclusions. Comme si ces conclusions avaient été réécrites parce qu’elles n’étaient pas initialement assez favorables au projet de la FFT, raconte-t-il à 20 Minutes. J’avais eu par le passé un très long entretien avec le rapporteur de l’étude. Il disait alors les projets étaient équivalents. »

Un bilan carbone deux fois plus lourd

Effectivement, dans ses conclusions, l’étude n’a pas été tendre avec le projet porté par les associations. « Sur huit des neuf items pris en compte, le projet de la FFT est jugé supérieur », a rappelé Bruno Julliard, lors du point presse d’avant conseil. Ces items ? Le budget déjà. Le projet de la FFT est évalué entre 350 et 400 millions d’euros. Il faudrait ajouter 80 millions de plus en cas de réalisation du contre-projet. Ce dernier ne répondrait pas non plus aux besoins pour gérer les flux de spectateurs et nécessiterait de reprendre à zéro toutes les procédures administratives déjà lancées. Enfin, la couverture de l’A13 aurait un bilan carbone deux fois plus lourd.

Des foutaises, déplore Yves Contassot. « Sur le bilan carbone, il n’a été étudié que l’impact de la construction et non pas le fonctionnement du futur site. Et puis le projet de la FFT prévoit tout de même de couvrir toutes les serres du Jardins botaniques qui abritent les collections botaniques. Pour certaines uniques au monde. On nous dit que les plantes reviendront une fois le chantier terminé. Mais qui peut le garantir ? Et reviendront-elles au même nombre ? »

Pour Anne Hidalgo, la maire de Paris, il n’y a plus matière à discuter. Elle attend « très vite » le feu vert du gouvernement pour pouvoir démarrer les travaux en septembre. Les Verts, eux, entendent toutefois encore peser dans les débats et prolonger les discussions. « Nous avons déposé deux vœux, dont l’un demandant un complément d’étude, précise Yves Contassot. Des recours juridiques sont également prêts au cas où le projet de la FFT serait choisi. »

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