Catacombes de Paris: Cinq choses que vous ignorez (si vous n’êtes pas cataphile)

OUVRAGE A l’occasion de la sortie vendredi dernier du livre «Les Catacombes, Histoire du Paris souterrain» de Gilles Thomas, «20 Minutes» en dresse les meilleures anecdotes…

Romain Lescurieux

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Des ossements dans les catacombes de Paris

Des ossements dans les catacombes de Paris — AFP

La Plage, le Grand Réseau Sud, la Salle Z ou encore l’ossuaire… Autant d’endroits secrets qui font la renommée des sous-sols de Paris, composés des catacombes et de ses carrières sous-terraines, visitées clandestinement jour et nuit par des cataphiles sous pseudos. Car les souterrains de la capitale restent depuis des siècles des lieus de fantasme et de fascination pour les touristes, comme pour les Parisiens.

Alors, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Les Catacombes, Histoire du Paris souterrain, (Edition Le Passage) de Gilles Thomas - fin connaisseur de ce monde d’outre-tombe - 20 Minutes déterre avec lui cinq anecdotes qui se sont déroulées dans les quelque 280 kilomètres de galeries s’étendant sous vos pieds.

1-C’est le calcaire des carrières qui a servi à la construction de Notre-Dame de Paris

A la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, «devant un pic de religiosité entraînant un afflux de population» dans ce qui deviendra la capitale, mentionne Gilles Thomas, «il fallut trouver de la pierre en abondance pour les diverses constructions», dont la cathédrale Notre-Dame. «Et le calcaire représentait alors un très bon matériau à l’époque pour construire en dur», explique l’auteur.

2-La première fête dans les carrières date de 1777

«Les anciennes carrières souterraines ont toujours eu une vie parallèle», note Gille Thomas. Pour preuve, cette note d’Antoine Dupont - prédécesseur de Charles Axel Guillaumot, inspecteur général des carrières - datant du 9 mai 1777 : «Nous avons des gens qui viennent la nuit et les fêtes dans nos carrières. Ils nous débouchent les puits. J’ai le nom de trois et la demeure de deux que je viens de donner à M. le lieutenant de police». La première d’une longue série.

3-Les catacombes: L’antre du diable… contre un peu de monnaie

«Quand nous ne savons pas ce qu’il se passe à un endroit, nous nous imaginons des choses», affirme Gilles Thomas. Et certains ont joué sur la crédulité des gens». Au XVIIe siècle, un dénommé César proposait par exemple de rencontrer le diable dans les souterrains «contre 45 ou 50 pistoles». Au sous-sol, il y prononçait des incantations mystiques, pendant que des complices faisaient aboyer des chiens et déclenchaient des feux. Et ce, sous l’actuel hôpital Sainte-Anne. Démasqué, César a terminé ses jours dans un cachot de la Bastille.

4-Il reste un bunker allemand, un bunker résistant et un bunker collaborateur

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sous-sol de Paris a connu un très grand nombre d’aménagements de bunkers. «Sur un plan des sous-sols, on peut observer trois abris», affirme Gilles Thomas. En l’occurrence, un Allemand (sous le lycée Montaigne), un résistant dit Rol-Tanguy (sous la place Denfert-Rochereau) et un pour les collaborateurs dit Laval (sous l’école des Feuillantines). Selon l’auteur, «s’il est possible aujourd’hui de passer facilement de l’un à l’autre par une galerie, ce ne fut néanmoins pas le cas pendant la guerre car ils n’ont pas été en activité en même temps».

5-Le commandant Saratte, premier «cataflic» de France, y a fêté son départ

KtaSprint, Kta 1.000 bornes, KtaPute… autant d’événements organisés dans les catacombes mais dont «le summum de l’événementiel souterrain fut un KtaPoulet mémorable, en 2000, pour célébrer le départ à la retraite du commandant de l’ERIC (Equipe de Recherche et d’Intervention en Carrières), Jean-Claude Saratte […] Car il y est allé» commente Gilles Thomas. «Dans une ambiance bonne enfant, les cataphiles et les policiers ont pris des photos, sans aucune rancune, après avoir joué pendant des années au chat et à la souris».

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