Paris: Lulu dans ma rue, la conciergerie qui dynamise la vie de quartier

ENTREPRISE Monter un canapé, changer une ampoule, assembler un meuble… Dans son kiosque sur la place Saint-Paul, Lulu dans ma rue peut sûrement vous enlever une épine du pied...

Fabrice Pouliquen

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En avril 2015, Charles-Edouard Vincent a lancé "Lulu dans ma rue", une conciergerie qui veut recréer du lien social au coeur de Paris.

En avril 2015, Charles-Edouard Vincent a lancé "Lulu dans ma rue", une conciergerie qui veut recréer du lien social au coeur de Paris. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Cela s’appelle Lulu dans ma rue. Mais à vrai dire, le kiosque n’avait pas besoin de ce drôle de nom pour attirer les regards intrigués des nombreux passants de la rue Saint-Paul (4e) où il fait partie du décor depuis le 8 avril. C’est qu’à la place des habituels étalages de journaux, l’endroit propose une chaise et une table, des plantes vertes en vitrine et un pastiche de bibliothèque en arrière-plan.

Quand on a n’a pas un ami ou de la famille sous la main

De quoi favoriser les conversations. Justement, c’est tout le créneau de Lulu dans ma rue : dépoussiérer le concept des conciergeries, ne plus les réserver aux personnes fortunées, et en faire même une pierre angulaire de la vie de quartier. Il suffit de se rendre au kiosque et de formuler sa demande. N’espérez pas que Lulu vous dégotte du caviar à 1h du matin ou des places VIP à Roland-Garros. La conciergerie de Charles-Edouard Vincent, derrière ce projet, préférera bien plus « changer une ampoule, monter un canapé ou trois cartons, garder vos clés lorsque vous travaillez et qu’EDF doit passer dans la journée, assembler un meuble, liste-t-il. Bref, tous ces petits services du quotidien pour lesquels on n’a pas toujours un ami ou de la famille pour nous aider et pour lesquels les entreprises privées ne se déplacent pas. »

Remettre en selle les Lulus

Mais Lulu dans ma rue ne vise pas qu’à redynamiser la vie de quartier parisienne. La première ambition de Charles-Edouard Vincent, qui a lancé par le passé le chantier d’insertion Emmaüs Defi, est aussi de créer de l’activité économique et de l’emploi dans un secteur miné par le travail au noir. L’entrepreneur parisien s’est constitué pour l’instant un réseau d’une vingtaine de Lulus, tous au statut d’autoentrepreneurs. « Des gens du quartier, précise-t-il. Ils sont étudiants, jeunes retraités et pour certains aussi chômeurs longue durée. » Comme Amid, qui n’a pas travaillé depuis trois ans. « Depuis le 8 avril, j’ai fait une cinquantaine de prestations. Du repassage à du baby-sitting, mais surtout des petits bricolages. » Le Parisien dit revivre. « Non seulement, je gagne un peu d’argent, mais je reprends confiance aussi. Et il y a un côté très sympa à Lulu dans ma rue. Il y a même un pot organisé au kiosque un jeudi sur deux. »

350 demandes en un mois

En un peu plus d’un mois, Lulu dans ma rue a enregistré 350 demandes, « sans avoir fait de publicité », précise Charles-Edouard Vincent. Du bricolage pour 50 % des demandes et les profils de ceux qui frappent à la porte de Lulu dans ma rue sont très variés. « Il y a des retraités, des femmes seules, mais aussi des Parisiens qui auraient pu se passer de nos services mais qui ont envie de donner un peu de travail à des habitants de leur quartier. » Les 20 minutes d’aides à la conciergerie sont facturées 5 euros et sont déductibles des impôts. Pour certains travaux de bricolages, le forfait grimpe à 30 euros l’heure.

Charles-Edouard Vincent espère dépasser au moins les 3.500 services rendus d’ici la fin de l’année. « Une application mobile est aussi en réflexion et pourquoi pas aussi ouvrir de nouveaux kiosques dans d’autres quartiers de Paris », glisse-t-il. Pour tout cela, il lui faudra aussi recruter de nouveaux Lulus.

 

>> Lulu dans ma rue, place Saint-Paul, ouvert du lundi au samedi. Plus de renseignements sur luludansmarue.org

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