Ile-de-France: Des apprentis prêts à affronter le toit de l’Europe

SOCIETE Dans le cadre du projet «du CFI au mont-Blanc», cinq apprentis du Centre des formations industrielles seront au sommet de cette montagne le 18 juin, après cinq jours d’expédition…

Romain Lescurieux

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Les apprentis du CFI s'entraînent trois fois par semaine — Sébastien Labarbe / CFI

«Inspirez, expirez». Les visages sont figés. Les mouvements millimétrés. Thomas, professeur de yoga nourit son public de consignes et d’indications. «Le yoga est une pratique de concentration qui vous sera très utile dans votre projet qui est dur physiquement mais également mentalement. Vous aurez moins d’air là-bas», prévient-il face un auditoire allongé dans une salle de cours de la CCI-Paris-Ile-de-France, située porte de Champerret (17ème arrondissement).

A l’assaut des 4.810 mètres

Dans un mois, cinq jeunes apprentis du CFI (Centre des formations industrielles basé à Paris, Orly et Gennevilliers) vont gravir les 4.810 mètres du Mont-Blanc dans le cadre d’un projet intitulé «du CFI au Mont-Blanc». «Je n’aurais jamais imaginé faire ça un jour. C’est un vrai challenge», sourit Rudy, 22 ans, en bac pro de technicien menuisier agenceur au CFI de Gennevilliers.

Après une sélection parmi plusieurs dizaines de jeunes et un entraînement intensif qui a débuté le 18 mars, Rudy, Abdalaye, Nelson ou encore Jennifer poursuivent leurs efforts pour se hisser sur le toit de l’Europe en cinq jours. Car s’ils sont encore huit dans la course, seuls cinq d’entre eux tenteront leur chance sur la montagne. Alors, accompagnés d’un médecin médical de l’Insep, d’un préparateur physique à la fédération française de judo ou encore de leur «marraine» Sandrine Aubert, multiple championne de ski, ils redoublent d’effort. Le but : «Leur montrer que tout est possible», insiste Nicolas Goulmy, à l’initiative de ce projet, né en septembre 2012.

«Nous donnons du sens à l’apprentissage»

Avec son acolyte, Sébastien Labarbe, ces deux professeurs d’éducation physique au CFI et passionnés de montagne ont proposé cette expédition au centre. «Nous voulions offrir à des jeunes, qui pour certains, n’ont vu la neige qu’en région parisienne, autre chose que le séjour au ski ou le mur d’escalade», explique Sébastien. «Nous n’avons pas voulu nous limiter et montrer l’importance de l’ambition. Du coup, la destination s’est arrêtée sur le mont Blanc», ajoute-t-il fièrement. Finalement, le projet a vu le jour deux ans plus tard, avec ce triptyque: «Pédagogie, défi, aventure».

«C’est tout un travail sur le monde de la montagne et ses valeurs. Les apprentis travaillent ce thème également en français, en géographie et même en mathématiques. Nous donnons du sens à l’apprentissage», poursuit Nicolas Goulmy. Et à quelques semaines du départ, ils «tiennent le choc».

«J’ai confiance en ce groupe»

Cardio training, cross fit, escalade… Autant d’activités auxquelles les apprentis s’adonnent trois fois par semaine aux Tuileries, à Montmartre ou encore à Fontainebleau. «Ce n’est pas tant sur le plan physique que c’est dur, c’est aussi sur l’organisation», confie Nelson, 25, ans apprenti en BTS technicien du froid et du conditionnement d’air. «Nous devons gérer les entraînements avec les cours et le travail en entreprise», commente-t-il.

«Avoir l’autorisation de leurs entreprises faisait partie des critères de sélection. Ce qui n’est pas toujours facile. Mais elles ont joué le jeu dans l’ensemble», se réjouit Nicolas Goulmy. «La mienne a pris ce projet à cœur. Elle n’a pas bloqué», rigole Rudy. A ses côtés, Marc-Elie, 23 ans, a hâte d’en découdre avec le mont Blanc.

«J’ai bien réfléchi avant d’accepter mais au final je me suis dit que c’était une expérience unique que je pourrai raconter à mes enfants. J’ai confiance en ce groupe, on va y arriver», s’exclame cet apprenti en maintenance des véhicules industriels. «Inspirez, expirez», poursuit, lui, le professeur de yoga.