Valérie Pécresse, candidate UMP à la présidence de la région Ile-de-France, le 28 avril 2015, au siège de l'UMP, rue de Vaugirard.
Valérie Pécresse, candidate UMP à la présidence de la région Ile-de-France, le 28 avril 2015, au siège de l'UMP, rue de Vaugirard. - F. Pouliquen / 20 Minutes

Partie très tôt en campagne, Valérie Pécresse, la candidate UMP à la présidence de la région Ile-de-France parle à 20 Minutes d'autorité, de passe Navigo unique, et de Jean-Paul Huchon...

Vous êtes entrée en campagne le 11 avril, bien avant tout le monde. Pourquoi avoir démarré si tôt?

Je m’inspire de la campagne présidentielle de 1995 de Jacques Chirac, mon mentor en politique. Il avait décidé de prendre le temps et de se rendre auprès des Français. La démarche est la même. Je veux être la présidente des solutions. Ces solutions, ce sont les Franciliens qui vont y contribuer. C’était le cas la semaine dernière lors d’un stage que j’ai effectué dans une PME à Saint-Ouen-l’Aumône, où nous avons évoqué tous les freins administratifs à l’embauche.

Un sondage Harris Interractive du 18 avril vous place en tête des intentions de vote pour le premier tour (25%).  Etes-vous déjà attentive à ces sondages?

C’est un encouragement. Mais rien n’est gagné. La région est à gauche depuis dix-sept ans. Mais les Franciliens se rendent bien compte que le bilan de Jean-Paul Huchon et de Marie-Pierre de La Gontrie est calamiteux en matière de  logement, d’emploi, de pollution, de transport. Surtout, les inégalités se creusent en Ile-de-France. Je veux lutter contre les injustices: c’est injuste de donner 75% de réduction dans les transports à 163.000 étrangers en situation irrégulière. C’est injuste d’avoir supprimé les bourses au mérite pour les bacheliers mention très bien, les internats d’excellence et les primes aux apprentis.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

Tout mon programme sera articulé autour de mes valeurs: la justice, mais aussi le rétablissement de l’autorité. Aujourd’hui, les règles du jeu, la loi ne sont plus respectées. La fraude dans les transports devient intolérable. L’insécurité, les incivilités aussi. Je ferai également campagne sur la liberté que doivent avoir les acteurs économiques et culturels franciliens pour entreprendre et innover. Trop se tournent aujourd’hui vers Londres ou Berlin. Je ne l’accepte pas.

Reviendrez-vous sur le passe Navigo unique à 70 euros qui entrera en vigueur en septembre et que vous avez critiqué?

Le problème n’est pas le passe Navigo unique à 70 euros, mais son absence de financement. Il manque 300 millions d’euros par an. Qui va payer? Le contribuable? Alors oui, si je suis élue, je m’engage à maintenir ce passe Navigo à tarif unique, mais sans augmenter les impôts. Je ne le remettrai pas en cause parce qu’il n’est pas question de jouer avec le pouvoir d’achat des Franciliens. Pour le financer, je supprimerai les 75% de réduction  aux étrangers en situation irrégulière et je lutterai sans merci contre la fraude dans les transports, je déménagerai les locaux du conseil régional en banlieue et réduirai le train de vie de la région. Je veux aussi faire du passe Navigo un «passe-partout», du bus au RER en passant par l’autopartage et tous les parkings. A terme, ce passe sera dématérialisé sur les smartphones, comme c’est déjà le cas dans d’autres grandes métropoles. Nous sommes en retard!

Avant de quitter la RATP, Pierre Mongin s’est dit inquiet sur l’avancée de plusieurs chantiers du futur Grand Paris Express...

J’ai déjà tiré plusieurs fois le signal d’alarme sur les retards inavoués pris par le projet du Grand Paris Express sur la ligne 15 comme dans les prolongements des lignes 11 et 14. A ce rythme, on ne sera jamais prêt pour accueillir les JO de 2024. Le président de région doit être un aiguillon permanent vis-à-vis du gouvernement et de la Société du Grand Paris pour que les délais soient respectés et que les financements soient trouvés. Je saurai tenir ce rôle.

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