©2007 20 minutes

Un fichier ethnique,

a priori guère éthique. Une enquête est en cours à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), con­cernant des listes électorales qui auraient été triées

par origine ethnique à la

mairie d'Asnières (Hauts-de-­Seine). Selon un document que s'est procuré l'AFP,

les fichiers remis à la police comporteraient plus de

30 000 noms. L'une de ces listes, intitulée « Maghreb », recense ainsi les habitants maghrébins en répertoriant leur bureau de vote, nom, prénom, adresse, date de naissance, pays et commune d'origine.

Les enquêteurs n'ont pas encore déterminé à quoi pouvaient servir ces fichiers, mais pour les opposants politiques du député-maire (UMP) Manuel Aeschlimann, cela ne fait pas de doute : « C'est tout à fait dans ses méthodes, dit Jean-Jacques Semoun, ancien proche du maire, qui se présente face à lui aux élections législatives sous l'étiquette divers droite. Il fait des fichiers sur tout : les Antillais, les musulmans, les personnes âgées. C'est une politique de communautarisme électoraliste qui permet de s'adresser aux groupes. » Le maire, très proche de Nicolas Sarkozy, déclare au contraire être « l'objet de dénonciations

calomnieuses par des membres de l'opposition municipale », affirme que « tous les fichiers ont été déclarés à la Commission nationale de l'informatique et des libertés » et dit « ne pas connaître l'existence de ce fichier ».

Ce type de registre est illégal en cas de discrimination avérée.