Et si vendredi soir, vous poussiez jusqu'au stade Bauer à Saint-Ouen. Le Red Star y reçoit Avranches et pourrait s'approcher un peu plus encore de la Ligue 2. Et le club assure aussi le spectacle dans les tribunes.
Et si vendredi soir, vous poussiez jusqu'au stade Bauer à Saint-Ouen. Le Red Star y reçoit Avranches et pourrait s'approcher un peu plus encore de la Ligue 2. Et le club assure aussi le spectacle dans les tribunes. - Photo Camille Bessard

Ça joue au foot, ce vendredi soir, à Bauer à Saint-Ouen. L’affiche? Red StarAvranches, pour la 29e journée du championnat de national. Certes, ce n’est pas du même calibre de ce que peut proposer le PSG. Il n’empêche, les supporters du Red Star ne sont pas à court d’arguments pour vous faire venir au stade.

«Un stade à l’anglaise»

Footbalistiquement déjà. En gagnant face à Avranches, le Red Star fera un pas de plus vers la Ligue 2, un rêve qu’il caresse depuis quatre saisons.  Voilà pour l’enjeu. Mais au Red Star, tout ne se passe pas sur le rectangle vert. La vraie star au club, c’est Bauer, «un stade à l’anglaise, en plein centre-ville où le Red Star chausse ses crampons depuis 1909», raconte Vincent Chutet-Mezence, président du collectif Red Star Bauer.

Il n’est pas bien grand: 2.999 places au maximum. Mais pour un club de national, il est bien rempli avec une moyenne de 1.874 supporters cette saison. Surtout, ceux qui s’installent dans les travées forment une identité particulière. «Un public de gauche, dit d’emblée Hubert Artus, journaliste et auteur de «Galaxie Foot, dictionnaire rock, historique et politique du football», fan aussi du Red Star. Nicolas, autre supporter fidèle, préfère utiliser le mot «populaire, car on parle peu politique dans les tribunes au final». Mais les deux hommes décrivent la même ambiance : «C’est festif, les gens se parlent facilement, et il y a un socle de valeurs communes: l’antifachisme et l’antiracisme en particulier.»

«A la mi-temps, on boit un verre à L’Olympic»

Et puis Bauer, c’est aussi des choses qu’on voit et qu’on n’entend nulle part ailleurs. «A la mi-temps, les supporters peuvent quitter le stade pour aller boire un verre à L’Olympic, un bar à 50 mètres de là», raconte Nicolas. Il y a aussi ce slogan «arbitre, militaire, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour un salaire » que le public entonne à chaque décision impopulaire de l’homme en jaune. «Les supporters ont aussi renommé la tribune du kop du nom de Rino Della Negra, un  joueur qui a fait les beaux jours du Red Star dans l’entre-deux-guerres avant de s’engager dans la résistance et de mourir fusillé», raconte Vincent Chutet-Mezence.

Mais cette identité perdurera-t-elle? Paradoxalement, plus le Red Star aligne les bons résultats, plus celle-ci semble menacée. Ce n’est pas tant l’arrivée de nouveaux supporters dans les travées qui posent problème. « Il y a de plus en plus de jeunes, de plus en plus de Parisiens venus des arrondissements nord de la capitale», explique Patrice Haddad, le président du Red Star. Et même aussi quelques people. Eric Naulleau notamment. «Mais ces nouveaux supporters viennent à Bauer aussi pour notre ambiance et se fondent dans le moule», estime Patrice Haddad.

Sans Bauer que restera-t-il du Red Star?

La vraie menace alors, c’est la professionnalisation du club. Pour monter en Ligue 2, le Red Star devra mettre son stade aux normes, un processus qui s’annonce long tant les discussions s’avèrent compliquées entre le club et Saint-Ouen sur la question des financements. «Les travaux se feront, assure Patrice Haddad. Mais il est fort probable qu’on doive se trouver un stade au moins une saison le temps qu’ils soient réalisés. » UN exil qui serait catastrophique pour bon nombre de supporters. Car encore une fois, à Saint-Ouen, la star, c’est Bauer.  

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