Et si les Parisiens pouvaient enfin laisser leurs chaussures au placard? Nadia Ammar, professeure de danse orientale, profite de la seconde édition du budget participatif pour proposer l'idée...
Et si les Parisiens pouvaient enfin laisser leurs chaussures au placard? Nadia Ammar, professeure de danse orientale, profite de la seconde édition du budget participatif pour proposer l'idée... - CALPIX/SIPA

C’est déjà une première victoire pour le budget participatif de la ville de Paris. Pour cette seconde édition, c’était aux Parisiens eux-mêmes de proposer les idées pour améliorer leur ville ou leur quartier. Ils ont su saisir la perche. 3.884 idées ont déjà été soumises sur la plateforme «Madame la maire, j’ai une idée». Et il reste encore jusqu’à dimanche pour dépasser la barre des 4.000.

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«Il n’y a rien de plus agréable que de marcher pieds nus»

Dans ce foisonnement de projets, l’un des plus orignaux est peut-être celui porté par Nadia Ammar. Cette professeure de danse orientale, habitante du 18e arrondissement, veut créer un espace réservé aux pieds nus à Paris. Où? «C’est à discuter, je propose juste l’idée, répond avec malice Nadia Ammar. Ce que je sais, c’est qu’il n’y a rien de plus agréable que de marcher pieds nus. C’est aussi très bon pour le corps.» Meilleure digestion, amélioration du sommeil, amélioration de la fonction immunitaire, harmonisation et stabilisation des rythmes biologiques… La danseuse orientale prête à cette pratique de nombreux bénéfices sur la santé.

Le hic, c’est qu’à Paris, tout semble fait pour nous déconnecter de la nature. «Marcher sur l’asphalte n’est pas agréable et marcher pieds nus dans les parcs, c’est le risque de se couper avec des bouts de verre ou mettre le pied dans une crotte de chien.» Forcément pas marrant. Alors Nadia Ammar propose la création d’un espace mi-clos, mi-ouvert où les va-nu-pieds auront enfin le droit de citer. «Dans un parc par exemple, précise-t-elle. Je l’imagine avec des coins d’herbes et des allées de galets ou de sable pour varier les plaisirs. Il pourrait y avoir aussi des espaces de jeux, des chemins pour courir, des fontaines…»

Une sélection des projets qui s’annonce compliquée

Pourquoi pas après tout. Nadia Ammar n’est pas la seule à vouloir un havre de paix pour pieds nus. Christian Harberts, lui aussi, applaudit des deux mains l’initiative même s’il n’a pas attendu la création de cet espace pour battre les pavés parisiens de ses pieds nus. Le 12 avril prochain, il s’élancera pour le marathon de Paris… Sans chaussures. Son sixième 42 km courus ainsi. «Malgré tout, l’espace proposé par Nadia Ammar est parfait pour développer la marche ou le jogging pieds nus à Paris, explique-t-il. Pour se lancer dans cette pratique, je conseille toujours de s’entraîner au préalable. Rien que pour muscler le pied. Cet espace serait parfait pour s’y mettre.»

Forte concurrence

Il faudra toutefois plus qu’une poignée de soutiens pour que ce temple du pied nu puisse voir le jour à Paris. Car, avec 3.884 idées déposées par les Parisiens, forcément, la concurrence est forte. La phase d’études de faisabilité des projets, qui démarre ce lundi pour prendre fin mi-juin, s’annonce compliquée. «Une commission, composée pour l’essentiel de représentants  de la société civile, déterminera la liste des sujets qui seront soumis ensuite au vote des Parisiens entre le 10 et le 20 septembre prochain», explique Pauline Veron, l’adjointe d’Anne Hidalgo en charge des questions relatives à la démocratie locale.

Les critères pris en compte? «Le projet devra relever de la compétence de la ville de Paris, servir l’intérêt général ou d’une communauté assez large de Parisiens et bien sûr être faisable techniquement», détaille Pauline Veron. Il y a bien sûr aussi une question de prix. L’enveloppe de ce deuxième budget participatif est de 75 millions d’euros. Au regard de ces critères, le projet de Nadia Ammar semble avoir toutes ses chances. 

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