Pour le premier anniversaire d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, sa principale rivale, Nathalie Koscuisko-Morizet (UMP) a décidé de la tourner en dérision à travers cinq caricatures...
Pour le premier anniversaire d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, sa principale rivale, Nathalie Koscuisko-Morizet (UMP) a décidé de la tourner en dérision à travers cinq caricatures... - Ménégol
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Officiellement, l’anniversaire est le 5 avril. Ce jour-là, Anne Hidalgo sera à la tête de la Mairie de Paris depuis tout juste un an. Mais Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), sa principale rivale au Conseil de Paris, n’a pas pu attendre et lance les festivités dès ce jeudi matin. Son cadeau? Une série de cinq caricatures, signées Ménégol, qui collabore notamment au Figaro. «Nous lui avons donné les thématiques sur lesquelles nous voulions qu’il appuie, précise NKM. Ensuite, il a eu carte blanche. La seule consigne était d’être drôle.»

«Nous avons choisi d’en rire»

20 Minutes publie en exclusivité le premier de ces dessins qui annonce la couleur des quatre suivants (ils onté été dévoilés ce jeudi midi). On y voit une Anne Hidalgo fébrile derrière son ordinateur, dépassée par les dossiers qui s’accumulent sur son bureau. «Commerce le dimanche, hausse des taxes, pollution, tour Triangle», lit-on sur la tranche des dossiers. «Depuis un an, au Conseil de Paris, on constate, de la part de la majorité, du mensonge, du cynisme, du sectarisme, explique NKM. Nous aurions pu en pleurer, nous avons choisi d’en rire.»

«La plus vieille arme en politique»

Une démarche inédite, comme le laissent à penser les proches de NKM? «Non, il s’agit de la plus vieille arme en politique», rappellent les historiens Christian Delporte, professeur à l’université de Versailles, et Fabrice D’Almeida, professeur à l’Institut français de presse (IFP), deux spécialistes de l’image en politique. «Au XIXe siècle, les responsables politiques passaient leurs temps à se caricaturer, précise Fabrice D’Almeida. Les dirigeants anarchistes avaient un journal intitulé L’Assiette au beurre dans lequel ils publiaient des caricatures d’hommes politiques. Dans l’entre-deux-guerres, tous les journaux politiques faisaient aussi des caricatures.»

Mais cette arme politique avait été oubliée ces dernières années, «au profit d’autres techniques comme les photomontages», observe Christian Delporte. L’attentat à Charlie Hebdo a-t-il rappelé toute la force des dessins de presse? «Il y a bien sûr un clin d’œil à Charlie», répond Nathalie Kosciusko-Morizet. Clin d’œil qu’elle n’est pas la seule à faire. Mardi matin, Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, avait ainsi fait appel à la dessinatrice Louison (L'Obs, Marianne, Charlie Hebdo…), pour croquer une conférence de presse sur la préparation de la Conférence des Nations unies sur le climat, qu’accueillera Paris à la fin 2015.

Une désacralisation de la politique?

Choix judicieux? Pour le cas NKM, Fabrice d’Alméida dresse deux analyses. «C’est certes une façon judicieuse de mettre les rires de leur côté. Le souci, c’est que des politiques, qui sont censés représenter une forme de rationalité dans l’action, en viennent à utiliser de plus en plus souvent des armes qui tournent le politique en dérision. Dans ce cas, c’est la démocratie qui perd. A force de tourner tout en satire, on s’éloigne du débat de fond.»

Nathalie Kosciusko-Morizet se défend en justifiant ce recours à la caricature par les difficultés de se faire entendre auprès d’Anne Hidalgo. «Et derrière le rire, nous abordons des sujets très sérieux qui touchent tous les Parisiens, explique-t-elle. Ces dessins accompagnent et ne remplacent pas les dossiers de presse que nous élaborons avec sérieux sur les mêmes sujets.»

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