Le pavillon chinois lors de la dernière exposition universelle, en 2010 à Shanghai.
Le pavillon chinois lors de la dernière exposition universelle, en 2010 à Shanghai. - WITT/SIPA
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JO de 2024 ou exposition universelle de 2025? Entre les deux, Paris devra forcément choisir. Les deux événements ne sont pas concomitants et n’ont pas la même nature. Mais on voit mal la France porter de front deux candidatures à des événements se chiffrant à plusieurs milliards d’euros d’investissement. Pourquoi choisir l’exposition universelle? Jean-Christophe Fromentin, maire UDI de Neuilly sur Seine et président d’ExpoFrance2025, qui porte la candidature française à cette exposition universelle, répond à 20 Minutes. Jeudi, il recommencera à la Fondation Louis-Vuitton, devant 95 ambassadeurs, 70 chefs d’entreprise et la maire de Paris.

Quel est l’enjeu de la réunion de jeudi?

François Hollande et Manuel Valls ont déjà fait part de leurs désirs de voir la France candidater à l'exposition universelle 2025. Jeudi, nous enverrons un premier message à la communauté internationale sur nos motivations. Devant 95 ambassadeurs, nous dévoilerons la thématique que nous voulons pour cette exposition, mais aussi notre modèle économique et les territoires que nous mobiliserons. Car il ne s’agit pas uniquement de Paris.

Quels seront les points forts de votre candidature?

Les expositions universelles rassemblent aujourd’hui des pavillons un peu trop convenus où chaque pays se contente de présenter ses entreprises. Nous voulons revenir à de vraies olympiades du progrès, comme c’était le cas avec les premières expositions universelles au 19e siècle. Comme celle de Paris en 1889 avec une galerie qui présentait les machines de demain. C’est important car nous sommes aujourd’hui dans une période d’ébullition des idées comparable à ce que fut la révolution industrielle… Notre deuxième atout sera le budget: 3 milliards d’euros pour six mois d’exposition. Nous prévoyons un grand village du numérique qui ne suscitera pas la construction de pavillons en béton. Nous investirons aussi le patrimoine existant, comme les gares, pour limiter le coût. Nous tablons aussi sur 80 millions d’entrées payantes. Les recettes attendues financeront le projet.

La guerre est-elle déclarée entre les JO de 2024 et l’expo universelle de 2025?

Les deux événements ne sont pas concurrents. Les JO c’est un événement sportif de quinze jours. Une exposition universelle est un événement de six mois qui lance un processus de progrès et d’innovations qui dure dix ans. L’urbanisme parisien et bon nombre d’innovations de l’industrie française ont vu le jour à l’occasion des expositions universelles. La tour Eiffel, le métro parisien, le premier tapis roulant, les premiers ascenseurs, les bateaux-mouches… C’est tout l’enjeu de l’exposition de 2025: se lancer des grands défis qui lanceront un processus d’innovations. Et puis les deux événements ne sont pas non plus portés par les mêmes acteurs. Pour les Jeux Olympiques, c’est le comité national olympique qui candidate en partenariat avec une ville. La décision finale revient donc à Anne Hidalgo. En revanche, pour une exposition universelle, c’est l’Etat qui se porte candidat.

Si, en juin, Anne Hidalgo déclare Paris candidate au JO de 2024, cela sera-t-il un coup dur porté à la candidature de la France à l’expo universelle de 2025?

Des pays ont déjà accueilli les deux événements à des dates rapprochés. La Chine a organisé les JO de 2008 à Pékin et l’exposition universelle à Shanghai en 2010. Ce n’est donc pas impossible. Mais, la question se pose en effet. La France, qui n’a pas accueilli d’exposition universelle depuis 1937 et pas de JO depuis 1924, a-t-elle intérêt d’accueillir ces deux grands événements à deux ans d’écart ? Il y a de quoi susciter une confusion.

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