Paris: Elian Alluin, le plombier… qui ne se déplace qu’à vélo

INSOLITE Depuis son arrivée à Paris, ce Breton d’origine à fait une croix sur la voiture, «trop stressante». Cela ne l’empêche pas de travailler…

Fabrice Pouliquen

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Depuis septembre 2014, Elian Alluin est cycloplombier à Paris.

Depuis septembre 2014, Elian Alluin est cycloplombier à Paris. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Et si Elian Alluin était le plombier de demain? Ce n’est pas tant dans sa capacité à réparer les robinets qui fuient que le Parisien se démarque. Mais dans la façon qu'il a de se déplacer entre deux clients. Elian Alluin fait tout à vélo. Que le rendez-vous se passe à deux pas de chez lui, dans le 19e arrondissement, ou tout au bout du 15e arrondissement, à l’exact opposé: «je me déplace sur tout Paris et la banlieue limitrophe», précise-t-il.

«La voiture? Trop stressante!»

Ce n’est pas tant une volonté de ce Parisien de prendre de l’avance sur les desiderata de la ville de Paris d’éradiquer progressivement de la capitale les véhicules les plus polluants à compter du 1er juillet. Le plan antipollution, Elian Alluin assure ne jamais y avoir pensé en se faisant cycloplombier. «Cette réflexion est plus profonde, précise ce Breton d’origine installé à la capitale depuis quelques années. J’ai bien essayé de garder la voiture en arrivant à Paris. Mais c’est un tel facteur de stress que j’ai préféré m’en débarrasser.»

Depuis, en ville, Eliane Alluin ne jure que par la bicyclette. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) lui donne raison: sur une distance inférieure à 5km, le vélo est le plus rapide des moyens de locomotion, répète souvent l’agence. «Ce n’est pas le seul avantage, poursuit le plombier. C’est tout bête, mais le vélo bénéficie d’un capital sympathie qui me ramène des clients. Et puis financièrement aussi, je m’y retrouve. Entre l’essence, l’assurance et le prix que m’aurait coûté l’achat d’un véhicule utilitaire, j’économise entre 750 et 1.000 euros par mois.»

Le hic? Trop de temps passé sur la selle

Mais il faut aussi pouvoir enchaîner les rendez-vous dans la journée et à transporter efficacement tout l’attirail d’un plombier. C’est peut-être le hic, reconnaît Elian Alluin. Depuis le 10 novembre, date du démarrage réel de son activité, il pédale entre 35 et 50 km par jour, rend visite en moyenne à  trois clients quotidiennement et optimise au mieux les deux sacoches du vieux vélo de postier qu’il a dégotté pour son activité. «Je ne sais pas si j’arriverai à faire plus en voiture, mais c’est vrai que je passe beaucoup de temps sur la selle. J’aimerais en consacrer plus à mes clients, à mon entreprise et à ma famille.»

Une campagne de crowfunding pour investir dans un vélo-cargo

Du coup, Elian Alluin a prévu d’investir. Ou plutôt, il en appelle à la générosité des internautes pour s’offrir un vélo-cargo. Une campagne de crowfunding a été lancée en ce sens sur ulule.fr. Elle prendra fin le 28 février. Le plombier parisien en est à la moitié des 5.000 euros demandés. «Ce vélo-cargo changera ma vie, annonce-t-il. C’est un biporteur de 2,5 m de long comparable à ce qu’utilisent certains livreurs aujourd’hui à Paris. Le bac à l’avant me permettra de transporter jusqu’à 150 kg. Surtout, il sera à assistance électrique.» Ses mollets lui diront merci.