Un véhicule enlevé par la fourière à Paris le 20 septembre 2007.
Un véhicule enlevé par la fourière à Paris le 20 septembre 2007. - PELE GWENDAL/SIPA

Qui n’a jamais tourné nerveusement, de longues minutes, dans les rues de Paris, à la recherche d'une place stationnement libre? C’est que l’offre fond comme neige au soleil… Du moins sur la rue. En dix ans, la capitale a perdu entre 50.000 et 60.000 places de stationnement sur la voirie, passant de plus de 200.000 au début des années 2000 à 150.000 aujourd’hui. «Et ce n’est pas fini, note Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes. Pendant sa campagne, Anne Hidalgo évoquait l’arrivée des scootlib dont les stations rogneront forcément sur le stationnement.»

500.000 places auxquelles on pense rarement

Tant pis, on fait une croix dessus? Ces 150.000 places ne représentent après tout que 18,5% des 805.000 stationnements disponibles à Paris. Une autre option est les parkings privés et publics, qui représentent à eux deux 20% de ce parc. Surtout, il y a les 60% restantes - 500.000 places tout de même- auxquelles on pense rarement. «Ce sont les places de parking appartenant aux bailleurs sociaux, aux hôtels, aux sièges d’entreprises, aux administrations, aux supermarchés», liste William Es Rosenfeld, fondateur de Zenpark.

Cette start-up, comme Moby Park ou Parkadom y ont vu une mine d’or à mettre aux mains des automobilistes. Ce parc est d’abord sous-exploité. «Le taux de vacances est bien souvent de 30% dans les parkings d’immeubles appartenant aux bailleurs sociaux», note William Es Rosenfeld. Il a aussi l’avantage d’être disséminé un peu partout dans la capitale, «là où les parkings publics se concentrent pour l’essentiel aux abords de la Seine et des gares».

L’ère du parking partagé

Alors Zen Park comme Moby Park montent des partenariats avec ces hôtels, ces entreprises et ces bailleurs sociaux et, en quelques heures, transforment leur place de parking vacante en objet connecté. Il suffit alors à l'automobiliste de télécharger une application smartphone pour cibler la place désirée, vérifier sa disponibilité et la réserver. Le stationnement peut se faire alors à l’heure ou faire l’objet d’un abonnement à la semaine ou au mois, «à des prix intéressants», assure Yoann Benhacoun, fondateur de MobyPark. Le loueur, lui, rentabilise sa place.

Parkadom, elle, a un fonctionnement encore autre puisqu’elle se focalise pour l’instant sur la location de particuliers à particuliers. «Une sorte d’Airbnb des parkings, commente Benjamin Pozzi, cofondateur de cette start-up parisienne. Le propriétaire d’un garage poste son annonce sur notre site et est mis directement en lien avec des potentiels locataires.»

Une offre qui ne devrait que s’accroître

Mine de rien, ces différents acteurs se constituent peu à peu un parc de stationnements non négligeable à Paris. MobyPark revendique ainsi 2.000 places réparties dans 130 parkings à Paris et dans sa région. Dans son offre de particuliers à particuliers, Parkadom liste 4.000 places à louer en France. «80% du parc est à Paris et dans sa région», précise Benjamin Pozzi. Zen Park, elle, propose à la location un bon millier de places à Paris réparties dans 40 parkings.

Et ces trois acteurs l’assurent: «nous en sommes qu’au début, le parc va s’agrandir» lance William Es Rosenfeld. En janvier, Zen Park a d’ailleurs réussi une levée de fonds d’1,6 million d’euros pour développer le parking partagé à toute la France

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