Paris: A quoi ressemblera le taxi du futur?

TAXIS La 12e édition du Salon des taxis s’est posée la question, ce dimanche après-midi…

Fabrice Pouliquen

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Hugues de Laubadère, fondateur de Médiasize, veut équiper les taxis parisiens d'écrans tactiles numériques.

Hugues de Laubadère, fondateur de Médiasize, veut équiper les taxis parisiens d'écrans tactiles numériques. — F.Pouliquen/20Minutes

Plus connecté, avec des écrans et le wifi à bord, proposant des moyens de paiement sans contact… A quoi exactement ressemblera le taxi du futur ? La 12e édition du Salon des taxis s’est penchée sur la question ce dimanche après-midi, le temps d’une conférence, au parc des expositions de la porte de Versailles.

Marc Szperling, commissaire général du salon, voulait aborder le sujet il y a deux ans, « lorsqu’émergeaient une série d'applications smartphones facilitant le lien entre les taxis et leurs clients, indique-t-il.  Mais l’arrivée des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) avait alors accaparé l’actualité.»

Une obligation de se moderniser pour faire face aux VTC

Cette concurrence des VTC est désormais bien réelle et pousse les chauffeurs-taxis a modernier leur façon de travailler et à intégrer plus services à bord les services à bord. A commencer par de nouvelles façons de régler sa course. «Depuis une loi du 1er octobre, les terminaux de paiement électrique, permettant de payer par carte bancaire, sont obligatoires dans les taxis», rappelle Marc Szperling. Ce qui n’est pas sans poser problème pour les artisans-taxis pour qui l'équipement et les commissions prélevés pèsent sur le chiffre d'affaires.  

De nouvelles solutions émergent alors. Comme celle de Smile and Pay. «Elle fonctionne avec un lecteur de carte connecté à un smartphone, indique Marc Le Mouel, directeur général de la startup parisienne. Le chauffeur gère alors le paiement via une application smartphone et peut expédier le ticket de la course à son client par sms ou mail. Il paie la technologie une fois pour toutes et il n’y a de commissions que lorsqu’il y a des transactions. Un gros avantage pour les taxis indépendants.»

Des écrans numériques au dos des sièges avant

Les écrans aussi pourraient faire leurs apparitions sur la banquette arrière. L’agence Médiasize y travaille en tout cas. Elle équipe déjà  400 taxis parisiens de ses écrans installés au dos des sièges du chauffeur et/ou du passager avant. « L’ambition est d’arriver à 1.200 d’ici fin 2015, annonce  Hugues de Laubadère, fondateur de Médiasize. L’idée est de révolutionner la course de taxi en proposant aux clients la possibilité d’accéder à tout un ensemble de services sur nos écrans. » Le service permet ainsi de lire la presse (20 Minutes notamment), réserver une nuit d’hôtel, accéder au guide des sorties de Paris ou visionner des plublireportages…»

Les taximètres, ces compteurs qui font défiler le prix de la course, se modernisent aussi. «On va vers plus de transparence, se félicite Marc Szperling. Il est désormais possible d’intégrer ces taximètres au rétroviseur évitant aux clients à se contorsionner pour se tenir informé du prix qu’il va devoir payer.»

Et des chauffeurs qui serviront le café ?

Et puis, pourquoi pas un jour, des taxis sans chauffeur? Fin octobre, le JDD rangeait la profession dans la liste des métiers automatisables dans un avenir proche. Marc Szperling ne trouve pas du tout la prédiction farfelue. « Des constructeurs automobiles, comme Ford sur sa Mondéo, mettent déjà au point des voitures de plus en plus automatisées. Elle se gare toute seule, évite les obstacles,  adapte la vitesse à la zone traversée… Cela ne devrait pas aboutir à la disparition des chauffeurs de taxis, mais à l’évolution de leur métier. Ils pourront peut-être servir le café, proposer de la lecture… » Bref, créer du lien social. Ça ce n’est pas de la technologie, « mais c’est l’une des bases du métier».

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