Vue panoramique de ce qu'imaginent  l'architecte Vincent Callebaut et les ingénieurs de Setec bâtiment pour Paris en 2050.
Vue panoramique de ce qu'imaginent l'architecte Vincent Callebaut et les ingénieurs de Setec bâtiment pour Paris en 2050. - Image Vincent Callebaut Architecte (VCA)

Pure utopie ou projet visionnaire? Ce qui est sûr, c'est que l'étude «Paris Smart City 2050» laisse pantois. Elle est signée de l'architecte belge Vincent Callebaut et du cabinet d'ingénieurs Setec bâtiment. Au printemps dernier, ils ont répondu à une demande d'étude de l'Agence de l'écologie urbaine de la ville de Paris et ont été sélectionnés pour plancher sur le Paris de 2050.

>> Découvrez les huit prototypes de l'étude Paris Smart City 2050 dans notre diaporama

La consigne? «Proposer des prototypes de tours à énergie positive prenant en compte les contraintes futures de Paris», explique Vincent Callebaut. Et en 2050, ces contraintes seront le manque de place, toujours et encore, mais aussi des dérèglements climatiques augmentant les risques d'inondations et de canicules. «Il nous a fallu respecter le plan climat 2050, résume Vincent Callebaut. Un plan qui ambitionne de réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre.»

La tour Montparnasse en Central Park vertical

Vincent Callebaut et Setec bâtiment ont travaillé quatre mois avant de rendre leur copie en septembre. Le Journal du Dimanche en a donné un aperçu dans sa dernière édition. Il en ressort huit prototypes de tours à des endroits stratégiques de la capitale. A l'image de ces «Mountains Towers», des tours de logements apposés sur le toit des immeubles de l'historique rue de Rivoli. La tour Montparnasse, elle, deviendrait «un prolongement du parc du Luxembourg, raconte l'architecte. L'idée serait d'en faire un Central Park vertical de 58 étages. Une sorte de parc public étagé. Les Parisiens y accéderaient par une promenade en colimaçon.»

Pêle-mêle, l'étude imagine aussi deux ponts habités aux portes est et ouest de Paris, un corridor écologique à la place de la petite ceinture , des maisons individuelles, en forme d'alcôves hexagonales, sur le toit des fameux Habitats bon marché (HBM) et même des champs à cultiver aux étages des immeubles.

Grande hauteur, énergie positive et ramenant l'agriculture en ville

A chaque fois, dans les huit projets, on a à faire à des immeubles de grandes hauteurs. «Nous envisageons des immeubles de logements de 120 mètres de haut», explique Vincent Callebaut. Ces tours ont aussi en commun d'être multifonctionnelles, à énergie positive et végétalisé. «Nous avons réfléchi également à des façons de réintroduire des formes d'agricultures en ville», indique l'architecte. Les balcons potagers et les vergers communautaires dotent très souvent ces huit prototypes.

De la prospective, mais pas coupée de la réalité

«On est bien sûr dans de la prospective, répond Vincent Callebaut. Mais les huit prototypes ont été imaginés à partir de technologies existantes ou en cours d'étude dans les laboratoires.» De son côté, la mairie de Paris tempère la portée de cette étude. «Paris smart city 2050», dépassent de loin l'objet de l'étude actuellement menée par l’agence de l’écologie urbaine, indique-t-on à la mairie. Etude qui n'est d'ailleurs pas encore finalisée.»

«Elle ne nous a pas encore été portée à la connaissance des élus, ajoute aussi Jean-Louis Missika, adjoint d'Anne Hidalgo en charge de l'urbanisme. Les immeubles de grandes hauteurs ne sont pas la seule perspective d'avenir à Paris. Je crois par exemple aussi à la valorisation de notre sous-sol.»

Reste à savoir ce que pense le public parisien. La dernière polémique autour de la tour Triangle tend à dire qu'il ne sera pas facile à convaincre.

Mots-clés :