Cimetiere Montparnasse. Vue générale tombes, pierres tombales, caveaux. (Photo illustration)
Cimetiere Montparnasse. Vue générale tombes, pierres tombales, caveaux. (Photo illustration) - A. Gelebart / 20 Minutes

«Mayonnaise montée de toute pièce»? «Erreur de compréhension dans la chaîne de décision»? Ce dimanche après-midi, Christian Leclerc, maire divers droite de Champlan dans l’Essonne, nie s’être opposé à l’inhumation d’un bébé rom dans le cimetière de sa commune. L’affaire fait polémique depuis plusieurs jours, suscitant l’émoi d’élus politiques et, ce dimanche matin sur France Inter, de Jacques Toubon, le Défenseur des droits, avant des réactions sur twitter de Manuel Valls ou Nathalie Kosciusko-Morizet.

Maria Francesca, nourrisson de deux mois, est décédée le lendemain de Noël de la mort subite du nourrisson et ses parents se seraient vu refuser un enterrement au cimetière de Champlan, où la famille réside dans un bidonville.

«Abasourdi par ce revirement de position»

«Je suis abasourdi par ce revirement de position, déplore Loïc Gandais, président de l’Asefrr (Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms). Bien sûr que la mairie de Champlan a refusé cette inhumation obligeant les parents de Maria Francesca d’enterrer leur fille à Wissous, ce lundi, à 7 km de là.»

Le président de l’association en veut pour preuve les propos confiés à l’AFP par Julien Guenzi, gérant d’une entreprise de pompes funèbres de Corbeil. Sollicité par les parents de Maria Francesca pour demander auprès de la mairie de Champlan l’autorisation d’inhumer le nourrisson au cimetière municipal, il dit s’être confronté au refus du maire qui n’a donné aucune explication. «Julien Guenzi nous a faits lui-même part de cette décision, précise Loïc Gandais. Pourquoi aurait-il menti? Et pourquoi un article du Parisien rapporte des propos de Christian Leclerc dans lequel il explique son refus d’inhumer Maria Francesca par un manque de places et par le souci d’accorder la priorité à ceux qui paient des impôts locaux.»

Déjà une première affaire de tuberculose?

Asefrr rappelle alors que le maire de Champlan n’est pas à sa première réaction démesurée à l’encontre de la communauté rom vivant sur sa commune. En novembre, un des 14 enfants roms scolarisés dans les écoles de la commune avait été déclaré porteur du bacille de la tuberculose. «Mais il n’avait pas déclaré la maladie, n’était pas contagieux, et avait tout de suite été suivi par l’hôpital de Corbeil, explique Loïc Gandais. Malgré tout, le maire avait émis un avis à la population, dans lequel il exagérait la proportion des événements pour stigmatiser un peu plus encore la communauté rom. » Au Parisien, le maire de Champlan regrettait aussi la lenteur de la procédure d’expulsion en cours de la communauté rom de sa commune. «Elle a été repoussée à trois reprises par le procureur de la République», constatait-il.

130 Roms seraient installés à Champlan, ce qui constituerait la communauté la plus importante d’Essonne. Les parents de Maria Francesca habitent dans un bidonville à proximité des pistes de l’aéroport d’Orly. Leur fille sera enterrée ce lundi à Wissous, à quelques kilomètre de Champlan.

Champlan hors-la-loi?

L’Asefrr ne devrait pas porter plainte contre la mairie de Champlan dans cette affaire. «Est-ce que cela servirait à quelque chose?, se demande Loïc Gandais, président de l'association. Saisir la justice nécessiterait d'attendre de longs mois avant d'obtenir une décision.» 
Pas sûr non plus que la mairie de Champlan soit hors-la-loi en refusant l'inhumation dans son cimetière du bébé rom. Selon la loi, les proches d’un défunt doivent demander l’autorisation d’inhumation au maire de la commune du cimetière choisi. Il peut être inhumé dans celle où il habitait, dans celle où il est mort, ou là où se trouve un caveau de famille. Dans les autres cas, les maires peuvent s’opposer à l’inhumation. Or, la famille de la petite fille décédée est «officiellement domiciliée auprès du Secours catholique des Ulis», indique Marie-Hélène Brelaud, bénévole à l'Asefrr, à L'Express et le décès de Maria Francesca aurait été officiellement constaté à l'hôpital de Corbeil.

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