Cadenas d’amour: Et si leur sauveur, c’était Philéas Le Cléateur?

INSOLITE Ce Parisien, passionné de clé et grand romantique, s’est mis en quête d’ouvrir les cadenas d’amour, promis à une fin certaine à Paris, pour les restituer à leurs propriétaires…

Fabrice Pouliquen

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Philéas Fiquemon-alias Phileas Le Cléateur-, collectionneur de clés se proposent d'ouvrir les cadenas d'amours du Pont des Arts avant qu'ils ne disparaissent pour les restituer aux amoureux.

Philéas Fiquemon-alias Phileas Le Cléateur-, collectionneur de clés se proposent d'ouvrir les cadenas d'amours du Pont des Arts avant qu'ils ne disparaissent pour les restituer aux amoureux. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Il l’avoue sans détour: Philéas Le Cléateur est un grand romantique. Du genre à s’émouvoir du sort des cadenas d’amour qui n’ont guère plus droit de cité sur le Pont des arts. «Que ces cadenas puissent être enlevés par grappe et condamnés à être fondus pour en faire un tout autre objet, je ne peux pas l’admettre», lâche-t-il avec calme.

Il les ouvre, jamais il ne les casse

Ça tombe bien, Philéas Le Cléateur peut faire quelque chose. Tout simplement parce qu'il est passionné de clés. Les anciennes en particulier, qu’il déniche chez les antiquaires aux quatre coins de la France. Il en a même fait son métier avec son épouse Amina. «Nous faisons restaurer par des professionnels des clés anciennes, pour en faire des bijoux, des accessoires de mode ou objets de décoration», raconte-t-il.

Mais dès qu’il peut, Philéas s’empare d’une sacoche pleine de clés et s’échappe de L’Escabeau, le concept store de la rue de Louvois (2e) qu'il occupe pendant les fêtes avec d’autres artisans. Direction le Pont des Arts à une demi-heure de marche. Là, depuis deux semaines, il s’efforce de «libérer» les cadenas d’amour des garde-corps. «En les ouvrant, tient-il à préciser. Les casser serait rompre l’amour qu’on mit les couples en les accrochant.» Cela ne marche pas toujours, jamais même avec les cadenas récents qui s'ouvrent avec des clés plates. «Pas grave, j’arrive à ouvrir les plus jolis, lance Philéas. Les cadenas de style anciens qu’on ouvre avec des clés à gorges ou des clés bernardes.»

Un mystérieux mail d’un couple chinois

A force, le cléateur a appris à les repérer en un coup d’œil. Et à identifier les serrures, pour associer à chacune d’elle une clé passe-partout. Lundi dernier, il ne lui a fallu que quelques minutes pour ouvrir  un cadenas imposant en forme de cœur, avec les prénoms «Scot et Michele» et la date «juin 2014» gravés dessus.

Lundi après-midi, il n'a fallu que quelques minutes à Phileas Le Cléateur pour ouvrir ce cadenas d'amour accroché au pont en juin dernier. - F. Pouliquen / 20 Minutes

 

Ces détails ont leur importance. Car en ouvrant ces cadenas, Phileas Le Cléateur ne cherche pas à enrichir une quelconque collection personnelle. «Mon idée, c’est de rendre ces love-locks à leur propriétaire». Phileas raconte que l’idée lui est venue d’un mail que lui aurait expédié un couple de Chinois l’été dernier. «Il avait entendu parler de la fin imminente des love locks à Paris et nous demandait alors de retrouver et récupérer le leur avant qu’il ne soit trop tard.»

Une page Facebook pour retrouver les amoureux

Qui est ce couple de Chinois? Pourquoi s'est-il adressé à Phileas et Amina? A ces questions, le couple répond par un haussement des épaules. Ce qui est sûr, c’est que Phileas n’a pas encore retrouvé ce fameux cadenas. En attendant, il en a libéré une soixantaine d'autres. «Nous ouvrirons une page Facebook en janvier où seront postées les photos des cadenas libérés, raconte le couple. Et nous expédierons les cadenas aux couples qui auront reconnu le leur.»

Et pas question d'en faire un business pour autant. «On ne fait pas d’argent sur l’amour des autres», martèle Philéas Le Créateur. Les cadenas seront donc expédiés sans profit, Philéas ne fera payer que les frais de port.

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