Paris le 09 octobre 2013. Action de sensibilisation de la prevention routiere sur les velos et les equipements recommandes pour les cyclistes en agglomeration.
Paris le 09 octobre 2013. Action de sensibilisation de la prevention routiere sur les velos et les equipements recommandes pour les cyclistes en agglomeration. - A. Gelebart / 20 Minutes

A vélo, on échappe plus facilement aux amendes. L’affirmation a la vie dure. Le sondage Opinion Way pour MMA sur le comportement des cyclistes en France et dont 20 Minutes publie en exclusivité les résultats ce lundi l’atteste une nouvelle fois. Ce sentiment d’impunité est même plus fort à Paris qu’ailleurs. 52%  des cyclistes parisiens sondés ont ainsi le sentiment qu’il ne risque pas d’amende à bicyclette (44% moyenne nationale).

Déjà 4934 contraventions en 2014

Pourtant, la totalité des cyclistes interrogés à Châtelet jeudi soir, savent que la potentialité existe (voir vidéo). Il faut dire que les cyclistes parisiens écopent de plus en plus de contraventions. «Nous en avons dressé 1.638 en 2013 et 4.934, déjà, pour 2014, indique le capitaine Thierry Pujol, de la Direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la Préfecture de Police de Paris. Toutes ne donnent pas lieu à des amendes. Nous proposons aussi des journées d’éducation routière comme alternative.»

Mais l'amende oubliée, les mauvais comportements reviennent au galop. Dans l’ordre des infractions à Paris figurent le feu rouge grillé, le téléphone portable en pédalant et les sens interdits. A croire que c’est dans l’ADN du cycliste. «Je prends le vélo pour être plus rapide que la voiture ou le métro. Si je m’arrête à tous les feux, cela ne vaut plus le coup», note Antoine. 

Les cyclistes moins accidentés que les autres

Le sentiment d’être aussi moins dangereux pour les autres usagers de la route inviterait aussi les cyclistes à prendre plus de largesses avec le code de la route. «Les cyclistes représentaient 7,8% des usagers accidentés à Paris en 2012, de loin le ratio le plus faible», précise Christine Lambert, présidente de l’association parisienne Mieux se déplacer en bicyclette (MDB) en s’appuyant sur le bilan accidentologie de la préfecture de police de Paris 2002-2012. Ils comptent aussi moins de blessés hospitalisés et moins de tués (5 en 2012 contre 18 pour les piétons).Et lorsqu’ils sont impliqués, ils sont moins souvent responsables de l’accident que les autres usagers.»

Le capitaine Pujol n'entend pas lever le pied pour autant. «L'accidentologie n'est pas tout. La rue est aussi à voir comme un espace à partager entre catégories d’usagers. Certains comportements de cyclistes mettent à mal cette notion.» Comme la circulation de vélo sur le trottoir, une pratique que 75% des 274 cyclistes parisiens sondés par Opinionway reconnaissent avoir déjà fait. 

Quels sont les principaux comportements à risques des cyclistes parisiens? - Infographie MMA

Mieux adapter le code de la route…

Avant de parler répression, «il serait toutefois plus utile d'adapter le code de la route aux cyclistes, estime Christine Lambert. Il préconise de toujours rouler à droite de la chaussée. Or, à Paris, la première cause d’accident pour les cyclistes est la porte de la voiture garée qui s’ouvre inopinément. La MDB conseille bien plus de rouler à un mètre de la chaussée voire même au milieu, dans les petites rues, pour éviter les déplacements périlleux des voitures.»

Plus de répression n’est pas non plus la priorité de Joël Sick, président de l’AICV (Animation Incertion & Culture vélo) qui propose aux Parisiens des séances pour apprendre à faire du vélo en ville. «La sensibilisation est ce qui marche le mieux, estime-t-il. En 2011, année où Paris avait fait un gros effort dans ce sens, nous avions atteint le chiffre de zéro cycliste tué dans la capitale. L’hiver qui approche serait le moment parfait pour lancer une nouvelle campagne sur les bons équipements à porter». Un point que les cyclistes parisiens peuvent améliorer (lire encadré). 

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Des progrès à faire sur les gilets jaunes et le casque

Selon le sondage Opinion Way, seulement 43% des cyclistes parisiens portent à chaque fois un gilet jaune lorsqu'il fait nuit (49% moyenne nationale). Ils sont 23% à porter un casque le jour (22% moyenne nationale) et 33% la nuit (31% moyenne nationale). Paradoxalement, les cyclistes parisiens sont 68% à se dire favorable au port obligatoire du casque protecteur. 

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