Photo du chantier du musée de l'Homme, entrée du musée.
Photo du chantier du musée de l'Homme, entrée du musée. - P. Tourneboeuf

«L’Homme évolue, son musée aussi», introduit Thomas Grenon, directeur du Muséum national d’Histoire naturelle. Ce mardi matin, il guidait deux membres du gouvernement dans le chantier du musée de l’Homme, département du Muséum, un an avant sa réouverture. Un lieu historique sur la place du Trocadéro (16e) dont une partie des collections ont migré au musée du quai Branly (7e). Mais 500.000 objets d’art, fossiles, outils datant de la Préhistoire raconteront à partir d’octobre 2015 l’évolution des Hommes.

Lumière et vue sur la Seine

«Cet espace est suspendu donc on va tester sa solidité», prévient Olivier Brochet, architecte, arpentant le chantier avec Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie et Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Côté architecture, les concepteurs ont relevé le pari de mener de gros travaux sans déranger le public du musée de la Marine, juste en dessous du musée de l’Homme. Doublé d’une spécificité: «c’est un empilement d’époques», résume l’architecte. En effet, la structure résulte de deux architectures imbriquées: celle de Gabriel Davioud, un théâtre hispano-mauresque construit pour l’exposition universelle de 1878 et celle de Jacques Carlu, datant de 1937. En y ajoutant les ascenseurs obligatoires aujourd’hui. «Nous avons mené de petites incisions dans ce bâtiment pour lui donner une clarté nouvelle, insiste Olivier Brochet. Nous avons cherché un moyen de préserver les vues tout en veillant à la conservation des objets.» Si, à l’intérieur du musée, les câbles et planchers poussiéreux n’ont pas encore laissé la place aux fossiles, le panorama a déjà ébloui la ministre. «C’est magnifique cette vue, ce n’est pas moi qu’il faut photographier», intime Ségolène Royal à l’essaim de photographes. Les architectes ont également creusé un atrium de 16 mètres de haut surmonté d’une verrière. Mais le musée de l’Homme n’a pas eu seulement droit à un lifting.

Ségolène Royal et Geneviève Fioraso ont découvert le chantier du Musée de l'Homme" avec le président Gilles Boeuf mardi 18 novembre 2014. - AFP

Donner des points de repère dans des débats sociétaux

C’est tout l’esprit du lieu qui s’est adapté. «Nous avons conservé le concept original de musée-laboratoire mais en actualisant le propos», explique le directeur Thomas Grenon. Ainsi, 150 chercheurs et étudiants travailleront dans ces locaux et des conférences, ateliers et un «balcon des sciences» rendra la recherche plus concrète au grand public. Ségolène Royal a salué dans son discours cette ambition: «Le musée de l’Homme conjugue en un seul et même lieu la recherche fondamentale la plus pointue et la diffusion la plus large des connaissances qui en sont issues.»

Raconter une belle histoire

Trois grandes problématiques seront explorées dans le parcours permanent: Etre humain? D'où venons-nous? Quel avenir pour l'humanité? Invitant ainsi les questions d’écologie, de biodiversité, de préservation de la planète. «Nous sommes la première génération à nous poser la compatibilité entre développement humain et perpétuation de l’espèce», insiste le directeur.

En évitant tout tabou: les expositions temporaires aborderont des thèmes d’actualité: «Races et racisme», «Sexes et genres»… «Mais on ne va pas tomber dans l’idéologie, promet Gilles Bœuf, président du Muséum. Depuis 1937, époque coloniale, où la planète comptait trois fois moins d’humains, les discours ont beaucoup évolué. Plutôt que de présenter des objets, nous avons souhaité raconter une histoire. Regardez la comète «Choury», elle est plutôt moche… Mais les scientifiques ont réussi à nous raconter une belle histoire.» 

Photo de la verrière du nouveau musée de l'Homme qui doit ouvrir en octobre 2015. - P. Tourneboeuf

 

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