Paris: Les Parisiens invités à piétiner les préjugés sur le handicap

HANDICAP Une sensibilisation originale invite chacun à réfléchir sur les clichés véhiculés sur les handicapés…

Oihana Gabriel

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Paris, le 6 novembre 2014, deux dispositifs tentent de piétiner les clichés sur les handicapés sur le parvis de l'Hôtel de Ville.

Paris, le 6 novembre 2014, deux dispositifs tentent de piétiner les clichés sur les handicapés sur le parvis de l'Hôtel de Ville. — O. Gabriel / 20 Minutes

Sauter à pieds joints pour faire exploser le mot «anormal», toujours un plaisir. Sur le parvis de l’Hôtel-de-Ville (4e), de vendredi matin à dimanche soir, deux dispositifs éphémères vont sensibiliser les passants aux clichés sur le handicap.

Un premier, extérieur, propose aux piétons de piétiner les préjugés au sens propre comme au figuré. Dix cercles tactiles sont installés sur le parvis, reliés à un écran où des bulles de bd affichent certains adjectifs clichés: «anormal», «piège»… Pour faire exploser ces stéréotypes, il suffit d’écraser ce rond et le mot se transforme en explication sur le droit du travail ou sur les conjoints de ces handicapés, qui ne sont ni des saints ni des pervers… Jeudi midi, lors des derniers réglages, les passants curieux avaient déjà envie d'écraser ces stéréotypes. «Déconstruire les clichés c’est juste informer», synthétise Deza Nguembock, à la tête de l'agence E&H LAB qui mène cette opération de sensibilisation, qui a vocation à voyager ensuite à Lille, Bordeaux, Nanterre. Et les portraits de handicapés seront aussi affichés en 2015 dans les abribus et autres panneaux Decaux.

Sauter sur les clichés pour les faire exploser

«Les visiteurs pourront faire des percussions car chaque rond a un son différent, complète Romuald, créateur du dispositif tactile. Et on réglera la difficulté pour que les enfants puissent piétiner aussi les préjugés.» Sur l’écran également, les photos de handicapées en robe de mariées, en diva viendront battre en brèche les représentations de victimes et de malades souvent associées à ces personnes.

Paris, le 6 novembre 2014, deux dispositifs tentent de piétiner les clichés sur les handicapés sur le parvis de l'Hôtel de Ville. - O. Gabriel / 20 Minutes

«Quand je vois les images du handicap, ça ne me ressemble pas alors j’ai eu envie de dire autre chose», explique Deza Nguembock appuyée sur une béquille. Son message? «Rencontrons-nous! Osez poser des questions pour déconstruire les idées reçues dont on n’a pas forcément conscience.»

«Fuir les handicapés ou les surprotéger»

Deuxième dispositif, une bulle de 110 m2 blanche de jour, rouge de nuit, qui invite à découvrir en dessins et en mots les stéréotypes les plus courants. Un travail artistique qui tentera de sortir ces personnes de la pitié ou de l’image de superhéros. Et des questionnaires sur tablettes permettront à chacun de faire le point sur ses préjugés.

«Certaines personnes ont tendance à fuir les handicapés ou à les surprotéger, analyse Deza Nguembock. Ce n’est pas la peine de leur parler comme à des enfants!» L’agence a également lancé une enquête de BVA sur le regard sur le handicap. «Et j’ai eu des surprises! confie Deza Nguembock. Notamment que 55% des Français sont favorables à un statut d’aidant sexuel.»

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