Le 28 octobre 2014, des voyageurs du RER C attendent leur train à la station Gravigny-Balizy.
Le 28 octobre 2014, des voyageurs du RER C attendent leur train à la station Gravigny-Balizy. - F. Pouliquen / 20 Minutes

Un bris de barrière? Des câbles écrasés? Une panne de signalisation? Un colis suspect? Selon la formule consacrée, il est trop tôt pour le dire à l’heure où nous imprimons ces lignes. Mais ce vendredi matin, au moment de se rendre au travail, il est fort probable que les voyageurs du RER C soient confrontés à l’un ou l’autre de ces incidents.

La ponctualité en chute de 13 points

«Mardi, c’était une mise à niveau à Versailles-Chantier, du moins c’est ce qu’a dit la voix au micro», raconte Prodige, rencontré mercredi matin sur la ligne. «Lundi, il parlait d'une rupture de caténaire entre Longjumeau et Massy», ajoutent Ariane et Julie, un peu plus loin dans le même wagon. Quant à Isabelle, elle a loupé le train de 7h41 à Etampes. «Tout simplement parce qu’il n’est jamais passé!»

 

 

La SNCF, qui gère la ligne, ne minimise pas le problème. «Octobre a été mauvais, admet Bertrand Gosselin, directeur de la ligne C. Nous avons cumulé les incidents sur le réseau, des ruptures de caténaires aux pannes de signalisation. Nous avons aussi dû faire face à une recrudescence des phénomènes extérieurs. Des accidents de personnes (des suicides, ndlr), des personnes sur la voie, des vols de câbles…» La ponctualité de la ligne devrait tomber à 80% ce mois-ci contre 93% en septembre.

«Plus grave encore, les suppressions de trains»

La ponctualité est une chose, mais Amélie Gaucher, habituée du RERC, pointe surtout les suppressions de train comme la cause de ses retards répétés. «Et ce problème ne date pas d’octobre mais de l’incendie du poste d’Aiguillage des Ardoines le 23 juillet», explique-t-elle. Depuis, seulement 87% du trafic est assuré. «C’est la moyenne affichée, précise Marc Pélissier, le président de l’Association des usagers de transport d’Île-de-France. En réalité, certaines branches de la ligne C fonctionnent normalement. D’autres ont vu leur trafic baisser fortement.» C’est le cas de la branche nord du RER C, entre Paris et Pontoise ou, au sud, des portions Juvisy-Brétigny et Ivry-Pont de Rungis.

C’est que ce poste des Ardoines a une importance capitale dans la régulation du RER C. Il permettait l’entretien de 90% des rames de la ligne. «Nous devons jongler désormais entre sept centres de maintenance, explique Bertrand Gosselin. Nous avons perdu en flexibilité et le temps pour revenir à la normal après un incident est beaucoup plus long.»

Une pétition pour une mobilisation générale

Le retour à la normal n’est pas pour tout de suite. Début septembre, Guillaume Pépy avait parlé d’un délai de 2,5 ans pour reconstruire le poste d’aiguillage provoquant l’ire d’élus franciliens. «Nous terminons bientôt la phase d’étude», annonce Bertrand Gosselin, qui ne peut dire encore quand commencera la phase de travaux. Le délai de 2 ans et demi de travaux est toujours d’actualité. «Mais nous cherchons à optimiser le système de maintenance actuel pour être capable de rajouter des trains sur la ligne début 2015», annonce le directeur du RER C.

De quoi calmer les usagers? Pas sûr. Circule, une association des usagers du RER C, a lancé en septembre une pétition pour une mobilisation générale des voyageurs désabusés. 866 l’ont signé à ce jour. Amélie Gaucher, elle, parle aussi de rames très souvent bondées du fait des suppressions de train. «Cela rend les conditions de voyage très pénibles. A la station «Bibliothèque François-Mitterrand», des usagers tentent même de passer par la fenêtre aux heures de pointe lorsque les quais sont bondés.»

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