Dernier jour de stage pour Loriano, 11 ans, qui a consacré une semaine de ses vacances de la Toussaint à s'initier au codage informatique à Magic Makers, entreprise fondée par Claude Terosier (à gauche) et Sébastien Lout.
Dernier jour de stage pour Loriano, 11 ans, qui a consacré une semaine de ses vacances de la Toussaint à s'initier au codage informatique à Magic Makers, entreprise fondée par Claude Terosier (à gauche) et Sébastien Lout. - F. Pouliquen / 20 Minutes

Le jeu vidéo s'appelle Vitag et s'il fallait le résumer, «on pourrait dire que c'est une bataille entre le soleil, qui crache des boules de feu, et une chauve-souris, que vous incarnez et qui doit les éviter», précise Loriano. D'accord, Vitag est bien plus proche de Pong, l'ancêtre des jeux vidéo, que des derniers blockbusters sortis en 2014.

Mais Loriano n'a que 11 ans, n'avait jamais entendu parler de codage informatique il y a quelques jours encore et n'a eu que la première semaine des vacances de la Toussaint pour concevoir son jeu vidéo. C'était tout l'objet du stage qu'il a suivi avec une vingtaine d'autres enfants à Magic Makers, rue de Douai (9e). Le lieu a des allures d'open space avec des ordinateurs portables devant chaque chaise. Mais ici, ceux qui pianotent ont entre 7 et 12 ans et viennent s'initier au codage informatique pendant les vacances scolaires ou lors d'ateliers après l'école, tout au long de l'année.

Ne pas attendre l'école d'ingénieurs pour s'y mettre

Pourquoi si tôt? «On est aujourd'hui entouré d'ordinateurs, de codes, d’algorithmes, observe Guillaume Yribarren, qui a inscrit son fils au stage de la Toussaint. C'est important de s'initier dès le plus jeune âge, ce que propose trop peu le système éducatif français.»

«Il faut attendre d'être en fac ou en école d'ingénieurs», ajoute Claude Terosier. C'est cette ingénieure en télécom, maman de deux enfants, qui a lancé Magic Makers le 30 juin dernier, associé à Sébastien Louit. «Il y a deux ans, je cherchais un stage de code informatique à Paris pour mon fils de 8 ans, raconte-t-elle. Puisque rien n'existait, je me suis lancée.»

Entre-temps d'autres structures et associations se sont mises sur le crédo. «Nous avons lancé le Kids coding club, indique ainsi Frédéric Bardeau, le président de Simplon, une école de formation aux technologies Internet née à Montreuil à l'automne 2013. Les Petits débrouillards ou Bibliothèque sans frontières proposent aussi de plus en plus de choses de leurs côtés.»

Du codage sans s'en rendre compte

Mais faut-il encore parvenir à intéresser des enfants au langage informatique, un univers nébuleux aux premiers abords. A Magic Makers, «on passe par Scratch, un logiciel ludique qui permet de créer ses propres jeux vidéo, explique Claude Terosier. On ne parle pas explicitement d’algorithmes. Malgré tout, les enfants abordent la création d'un logiciel, comprennent la mécanique pour faire avancer un personnage. Du codage sans s'en rendre compte.»

«Les acquis dépassent l'informatique, ajoute de son côté Zacharie, l'un des quatre formateurs de Magic Makers. Ils apprennent à travailler en groupe, à chercher de l'information, à résoudre des problèmes...»

Bientôt dans les écoles parisiennes?

Le concept plaît à Alexandra Cordebard, adjointe d'Anne Hidalgo en charge des Affaires scolaires de passage, vendredi matin dans les locaux de Magic Makers. «Pour voir, explique-t-elle. On pense forcément à ce type d'ateliers de codage pour les activités périscolaires. Cela existe déjà de manière éparse dans certaines écoles, mais c'est encore trop peu.» 

Magic Makers a déjà mis un premier pied dans les établissements parisiens: «A la fin des vacances de la Toussaint, nous démarrons un premier atelier avec le collège Claude Monet auprès d'élèves en difficulté scolaire», annonce Claude Terosier. Le Kids coding club mène lui aussi des ateliers dans des écoles de Montreuil et devrait être bientôt présent dans des écoles du 8e arrondissement de Paris.

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