Hier, le tapis roulant ultrarapide de la station de métro Montparnasse fonctionnait. C'est bête, mais c'est suffisamment rare pour être souligné. « D'après mes statistiques, dit un vendeur de journaux qui travaille face au tapis, il fonctionne un jour sur sept. » Un chiffre que la RATP et la Cnim, qui s'occupe de son entretien, démentent formellement, tout en refusant d'en dire plus. « C'est un dispositif expérimental et on ne fait pas de bilan des expérimentations », se justifie la RATP. Sauf que ladite expérimentation dure depuis cinq ans et a coûté 4,5 millions d'euros, rien que pour l'aménagement.Au départ, ce tapis devait faire gagner une minute trente aux 110 000 voyageurs qui passent par la station chaque jour, sur les 183 m qui séparent les lignes 4 et 12 des lignes 6 et 13. Présenté comme « une première mondiale de l'industrie française », il devait rouler à 11 km/h, contre 4 pour les tapis classiques. Mais patatras : « Les chutes ont été innombrables. C'était un carnage », explique le marchand de journaux, qui pense que les caméras de surveillance auraient pu fournir « Vidéo Gag ». La vitesse a été réduite à 10, puis à 9 km/h, « mais ça ne marche pas mieux, constate le kiosquier. Et le bruit est infernal. » Deux voix métalliques avertissent toujours en boucle : « Tenez la rampe » ; « Gardez les pieds à plat » ; tandis qu'un panneau dissuade poussettes, talons aiguilles et papys à canne. Selon la Cnim, Hongkong et certains émirats seraient pourtant intéressés. Pour renouveler leurs bêtisiers ?