« Encourageant. » L'Observatoire régional de la santé note, dans une étude publiée hier, un recul, ou au pire une stagnation, de la consommation de « produits psychoactifs » chez les jeunes de 12 à 19 ans en Ile-de-France entre 1997 et 2005. La diminution de la consommation régulière d'alcool a été de 36 % chez les garçons et de 55 % chez les filles durant cette période. Pour le tabac, on enregistre un recul de 53 % chez les garçons et de 62 % chez les filles. La consommation de cannabis, elle, augmente légèrement chez les garçons (+ 12 %) et diminue chez les filles (- 15 %). Mais elle reste à un niveau très élevé, la France étant le deuxième plus gros consommateur de cannabis au sein de l'Union européenne, ex aequo avec l'Espagne et derrière la République tchèque.Pendant ce temps, c'est la province qui trinque : la consommation régulière d'alcool chez les 12-25 ans concernait, en 2005, 25,7 % des Franciliens et 34,8 % des provinciaux (voir infographie). La diminution de la consommation régulière d'alcool et de tabac chez les 12-19 ans a été beaucoup moins forte en province qu'en Ile-de-France. Mais c'est surtout l'usage de cannabis qui explose en province pour cette tranche d'âge : + 50 % chez les garçons, et plus de 100 % chez les filles ! « Le cannabis a d'abord été consommé dans les grandes villes, particulièrement en Ile-de-France. Maintenant c'est la province qui s'y met », constate Catherine Embersin, coauteur de l'étude. Résultat : on fume cette drogue autant en province qu'en Ile-de-France en 2005, alors que ce n'était pas le cas en 1997.La spécialiste alerte toutefois sur certains comportements inquiétants chez les jeunes Franciliens. Ainsi, chez les garçons, 28 % des 15-19 ans ont un usage problématique du cannabis, contre 13 % en province. « Les tests qu'on leur a fait passer montrent qu'ils présentent certains signes de dépendance », explique encore Catherine Embersin.L'étude a montré que les jeunes qui consommaient du cannabis « se pensaient en moins bonne santé, étaient sujets à une anxiété plus forte, et témoignaient de signes dépressifs ».