SANTE – Une personne sur dix en Ile-de-France souffre de dépression majeure…
Les Franciliens bien dans leur corps mais mal dans leur tête? L’étude de l'Insee publiée ce mardi révèle que les habitants d'Ile-de-France, qui se perçoivent plutôt en meilleure santé que les provinciaux, sont nombreux à déclarer «des symptômes dépressifs». Un sur dix, en 2003, affirmait même souffrir de «dépression majeure».
Selon l’étude, les femmes sont deux fois plus exposées que les hommes, à âge, diplôme, situation professionnelle et familiale équivalents. Elles sont ainsi 27% à présenter des symptômes dépressifs contre 15% pour les hommes. Les personnes âgées sont également plus enclines à la dépression, 14% présentant des symptômes de dépression légère, contre 10% pour les 30-49 ans. En cause, selon les auteurs, l’approche de «la fin de vie, la dégradation de la santé et la solitude».
Retraités, étudiants et chômeurs
Les troubles dépressifs sont également liés à la situation conjugale et professionnelle. Les veufs et les divorcés sont plus sujets à la dépression (respectivement 30 et 28%) que les personnes mariées ou les célibataires (18 et 23%). Quant aux inactifs, un sur quatre est concerné par la dépression. Parmi eux, des retraités, des étudiants et des chômeurs. Ces derniers ont une probabilité deux fois plus forte de faire une dépression majeure qu’une personne occupant un emploi.
En corollaire, les personnes percevant des bas revenus sont plus touchées par la dépression (41% contre 16% pour les personnes touchant un revenu élevé). Outre un bon salaire, le diplôme semble également protéger de la dépression. Selon l’étude, les diplômés de l’enseignement supérieur ont un risque 1,6 fois moins élevé d’être dépressif que les titulaires du baccalauréat. La nationalité, enfin, a aussi une incidence sur les troubles psychiques. Dans la région, 28% des personnes de nationalité étrangère présentent des signes de dépression contre 21% des Français de naissance et 18% des Français par naturalisation. «Les difficultés socioprofessionnelles, les situations d’exclusion et la barrière de la langue pourraient expliquer leur fragilité» concluent les auteurs de l’étude.