L'Insee ausculte les Franciliens. L'institut publie ce matin sa première grande enquête sur la santé en Ile-de-France (à lire sur www.insee.fr/ile-de-france). 20 Minutes publie en avant-première le volet sur la consommation d'alcool. Il en ressort qu'« un tiers des Franciliens peuvent être considérés comme des consommateurs à risque », commente Clotilde Debout, l'un des auteurs. C'est légèrement inférieur à la moyenne nationale. Sont considérés comme population à risque les femmes qui consomment au minimum quinze verres et les hommes qui boivent au moins vingt et un verres par semaine. Ou bien ceux qui prennent six verres ou plus lors d'une même occasion, au moins une fois par semaine. Dans la région, 45 % des hommes sont concernés, contre 19 % des femmes.La consommation quotidienne - qui n'est pas systématiquement à risque - touche 14 % des Franciliens. Elle a tendance à augmenter avec l'âge : elle concerne 1 % des 15-24 ans contre un tiers des 75 ans et plus ! « Il faut y voir davantage un phénomène générationnel que de classe d'âge : la consommation quotidienne d'alcool était plus généralisée il y a quelques années ; il est probable que de nombreuses personnes n'ont pas rompu avec cette habitude, commente Clotilde Debout. En revanche, la consommation à risque ponctuelle est bien plus répandue chez les 15-24 ans. Et il s'agit là certainement d'un mode de consommation lié à l'âge, car plutôt festif. »Concernant les catégories socioprofessionnelles, les personnes diplômées du supérieur consomment plus fréquemment que les non-diplômées : 84 % des personnes titulaires d'au moins le baccalauréat déclarent boire de l'alcool, et une majorité sont des consommateurs à risque. Cadres et professions intermédiaires boivent nettement plus que la moyenne francilienne. « Le phénomène de l'alcool mondain et la prolifération des bars à vin expliquent sans doute cette tendance », selon Clotilde Debout.
Mickaël Bosredon