Anne Gautier et Quentin Billey ont lancé Draft, les ateliers connectés à la Halle Pajol sur l'esplanade Nathalie-Sarraute. L'inauguration, ouverte au public, aura lieu samedi 5 juillet de 12h à 20h.
Anne Gautier et Quentin Billey ont lancé Draft, les ateliers connectés à la Halle Pajol sur l'esplanade Nathalie-Sarraute. L'inauguration, ouverte au public, aura lieu samedi 5 juillet de 12h à 20h. - Fabrice Pouliquen / 20 Minutes

Fabrice Pouliquen

Le Coworkshop au 29 rue des Vinaigriers (10e) et Draft à la Halle Pajol (18e). Voici les deux nouveaux venus de juin dans la famille des espaces de coworking parisiens. La liste s’allonge un peu plus chaque mois. En 2008, il n’y en avait encore qu’un seul: La Cantine devenue en octobre dernier le Numa lors de son déménagement au 39 rue du Caire (2e).

«Fin 2011, il y en avait deux-trois de plus dans Paris intra-muros, indiquent Grégoire Odou et Marie-Hélène Feron, chargés de mission à La Fonderie, l’agence numérique de l’ïle-de-France. Celle-ci recense 66 tiers lieux (espace de coworking et fablabs) aujourd’hui ouverts à Paris. «Dix-neuf autres au moins verront le jour d’ici début 2015 dans le cadre du dernier appel à projet lancé par la région Île-de-France», précise Marie-Hélène Feron. Certains espaces de coworking commencent même développé leur concept en différents endroits de Paris, comme Dojo ou Start Way. Le cap des 100 devrait être largement dépassé.

«Le besoin existe»

Au point d’approcher le seuil de saturation? «Non», assurent Stéphane Interligator et Maxime Chouraqui, à l’origine du Coworkshop, comme Anne Gautier et Quentin Billey, qui ont lancé Draft. Les quatre ont d’ailleurs quitté leur travail pour se consacrer à leurs nouveaux projets.

«Le besoin existe, estime Maxime Chouraqui. Je l’ai vécu trop souvent en déplacement professionnel. On perd un temps fou à chercher un café avec du WiFi. Et souvent le serveur vous regarde avec insistance lorsque vous n’avez pas consommé depuis une heure.» «Au-delà de ça, il y a aussi ces travailleurs indépendants et ces jeunes start-up qui n’ont pas toujours l’argent pour avoir leur propre bureau ou qui n’en ont pas besoin d’un tous les jours de la semaine», ajoute Quentin Billey.

Plus seulement une table, une chaise et du wifi

C’est l’un des traits communs des derniers espaces de coworking parisiens à avoir vu le jour. Eviter toute forme d’engagement. Le coworkshop et Draft ont ainsi tous deux leurs espaces dédiés au coworking nomade avec une vingtaine de places à louer non plus seulement à la demi-journée ou à la journée, mais à l’heure. L’accueil aussi est de plus en plus travaillé. Fini le simple alignement de chaises et de tables dans une salle juste dotée d’une borne WiFi.

Le coworkshop comme Draft a son coin canapé, son bar où consommer boissons chaudes et pâtisseries. «Nous mettons aussi à disposition des casiers pour ranger ses affaires, une salle de réunion, un espace où s’isoler pour passer ses coups de fil», détaille Maxime Chouraqui pour le Coworkshop. Les Ateliers Draft jouent pour leur part sur le cadre apaisé de la halle Pajol, propice au travail. «D’ailleurs, la terrasse ouvre ce jeudi», prévient Quentin Billey.

Mais axer son business plan sur les seules activités du coworking ne suffit plus, prévient Grégoire Odou. «Sur les 66 tiers lieux ouverts à Paris, aucun n’a fermé à ce jour, mais certains sont en difficulté. Et la concurrence dans certains secteurs de la capitale, dans le nord en particulier, pousse à la diversification des activités.»

A Draft, des ateliers de fabrications pour se démarquer

C’est particulièrement vrai pour Draft, pas vraiment situé sur un lieu de fort passage. «Pour nous démarquer, on a ajouté au coworking des ateliers de fabrication mutualisant avec des machines qu’on peut louer pour 12 euros de l’heure, explique Anne Gauthier. Il y a deux imprimantes laser, des machines à coudre, une découpeuse laser, des outils pour travailler le bois…» 

L’idée est de permettre à des petits créateurs de fabriquer un prototype voire même de lancer une production en petite série. «Puis de rencontrer une première clientèle sur l’eshop, notre boutique en ligne.»