Paris, le 23 juin 2014, Anne Hidalgo a signé avec 200 partenaires privés et publics une Charte pour le logement pour tous à l'Hôtel de Ville.
Paris, le 23 juin 2014, Anne Hidalgo a signé avec 200 partenaires privés et publics une Charte pour le logement pour tous à l'Hôtel de Ville. - O. Gabriel / 20 Minutes

Sur le grand tableau blanc, la maire est la première à apposer sa signature. Suivie de près par 200 partenaires, dont RFF, RATP, AP-HP, la région Ile-de-France, bailleurs et promoteurs privés, qui ont signé ce lundi matin le «Pacte logement pour tous». Un intérêt encourageant étant donné l’objectif ambitieux du nouvel exécutif: produire 10.000 logements par an. «Ce n’est pas un échange de bonnes intentions mais le début d’un engagement sur le long terme», promet Anne Hidalgo.

Mais dès 2016, le logement sera géré par la Métropole de Paris, certainement aux mains de la droite. Raison de plus pour l’exécutif d’aller vite. Dès la rentrée, Ian Brossat (PCF), adjoint chargé du logement, lancera cinq ateliers réunissant représentants de la Mairie et du privé.

Les cinq outils pour produire du logement à Paris

Premier chantier: trouver du foncier. Des parcelles appartenant à la RATP (où 2.000 logements pourraient être construits), à l’AP-HP, à RFF mais aussi à la Ville pourraient servir à construire du logement. «Nous avons les moyens de passer du pacte aux actes», promet Ian Brossat. Pourtant ces dernières années, les bras de fer entre Etat et Paris pour le rachat de terrains à faible prix augurent quelques difficultés.

Transformer 200.000 m2 de bureaux en logement

Deuxième outil: la transformation de 200.000 m2 de bureaux inoccupés en logement sur six ans. Mais entre 2001 et 2014, environ 400.000 m2 ont déjà été transformés. «Si nous pouvons dépasser cet objectif, tant mieux. C’est un potentiel important notamment dans le centre de Paris déficitaire en logement social», précise Ian Brossat.

Troisième outil: le changement du Plan local d’urbanisme. C’est l’adjoint à l’Urbanisme qui pilotera cette modification du PLU lancée dès juillet. En clair, fin 2015 un nouveau PLU devrait simplifier les démarches pour déposer un permis de construire. Et encourager la production de logement en supprimant par exemple l’obligation de faire des parkings pour transformer un bureau en habitations. Cela pourrait faire baisser de 20% le prix d’une telle transformation», explique Jean-Louis Missika. Mais il n’y aura pas de remise en question des hauteurs ni des espaces verts.

La question polémique de la hauteur des immeubles

Pourtant la hauteur des immeubles risque d’être au cœur des débats: un quatrième groupe travaillera sur la surélévation des immeubles. Une piste peu appréciée des écologistes qui se sont opposés pendant des années à l’arrivée des tours à Paris. En 2010, le Conseil de Paris avait adopté le déplafonnement qui permet dans Paris de construire des immeubles d’habitation de 50 mètres et des tours de bureaux allant jusqu’à 180 mètres sur trois zones: le secteur Masséna (13e), la Tour Triangle (15e) et Clichy-Batignolles (17e). Ce lundi était justement inauguré un immeuble d’habitations de 50m à Masséna. «Cela prouve que la hauteur ne rime pas avec dégradation de la qualité de vie. La hauteur n’est ni un tabou ni une obsession», argumente Ian Brossat.

Enfin, pour remettre sur le marché des logements inoccupés, la Mairie compte créer une agence unique, Multiloc qui, dès 2015, mettra en relation locataires et propriétaires. Et ces derniers seront encouragés à louer leur bien 8 à 10 euros/m2 en échange de quoi l’agence se portera garante des loyers et d’éventuels travaux. Une mesure qui vise plutôt les classes moyennes. Ces engagements sont complétés par le plan sur le logement social de la Ville et notamment l’adoption du scoring dès le 1er octobre 2014.

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