Développer un quartier d'habitations « zéro énergie » sans revenir à l'âge de pierre. C'est l'ambition de BedZED. « Bed » pour Beddington, la ville du Sud londonien qui a accepté d'accueillir le projet. « ZED » pour Zero Energy Developpement. Construit entre 1998 et 2001 avec des matériaux de récupération, sur une ancienne friche industrielle, BedZED est un îlot de 1,65 hectare. Il abrite huit immeubles de trois ou quatre étages, et 2 300 m2 de bureaux. Une sorte de « quartier-témoin » du développement durable. L'association BioRegional, une ONG écologiste à l'origine du projet, organise régulièrement des visites du site afin de convaincre collectivités publiques et entreprises.
Pour répondre à la volonté de réduire l'empreinte écologique du quartier par deux par rapport à un quartier classique, les concepteurs ont fait appel au bon sens des architectes et ingénieurs. Récupération de l'eau de pluie, toitures végétalisées, panneaux solaires, façades sud des immeubles en baies vitrées... A l'intérieur, une grande serre occupe la moitié de la surface du salon et sert de source de chaleur à tout l'appartement. Les murs, très épais, sont isolés par de la laine de roche, et comportent le moins d'ouvertures possible. Résultat : un bâtiment à zéro kilowatt par an et par habitant ! Ou presque, puisqu'un système, alimenté par une chaufferie au bois, s'enclenche si la température descend sous les 18 ºC. Inconvénient : les jours de mauvais temps, la lumière pénètre difficilement. Impressionné, un spécialiste de la haute qualité environnementale estime néanmoins qu'« un appartement sans chauffage, c'est dur à faire accepter à une famille avec trois enfants... »
Chaque appartement bénéficie d'une terrasse de 15 m2. Sans vis-à-vis. Et pourtant, avec cinquante habitations à l'hectare – à peu près ce qui est prévu aux Batignolles –, BedZED répond aux critères de densification des zones urbaines. Il se conforme aussi à la règle des trois tiers : un tiers de logements en accession à la propriété, un tiers de logements locatifs, un tiers de logements sociaux. « Exactement ce qu'on réclame aux Batignolles », s'exclame Françoise de Panafieu. Pour contrer le déficit de logements sociaux, la Mairie a, elle, décidé d'en porter la part à 50 % aux Batignolles. Des HLM intégrés sans distinction architecturale.
Mickaël Bosredon, envoyé spécial à BedZED