L'absence du funiculaire depuis deux mois commence à poser de sérieux problèmes aux habitants de la butte Montmartre (18e). Le 7 décembre dernier, une nacelle s'écrasait en contrebas du quartier lors d'un essai de surcharge effectué par les ouvriers de la RATP. Depuis, l'accès au Sacré-Coeur s'effectue soit par les escaliers, soit par des navettes mises en place par l'entreprise. Mais les véhicules ne peuvent transporter que dix à douze passagers à la fois. D'où la grogne des riverains. « On attend trois quarts d'heure pour monter tout en haut alors que quelques minutes suffisaient auparavant », s'impatiente Roger Daugueuger, le président du syndicat d'initiative de la butte Montmartre. Hier après-midi, une réunion était organisée entre les commerçants, les riverains, les services religieux du quartier et la RATP. « Nous sommes conscients des problèmes économiques qu'ont engendrés cette interruption », concède Lorenzo Sancho de Coulhac, en charge du dossier à la RATP. Les horaires des navettes pourraient donc être rallongés dès lundi.
Cette mesure ne rassure pas pour autant les commerçants, premières victimes de l'absence du funiculaire. En effet, ils constatent déjà les retombées économiques dues à la baisse de fréquentation. « Nous avons comparé nos chiffres d'affaires de janvier 2006 et janvier 2007. On a perdu 20 à 30 % de nos recettes », alerte Frédéric Loup, le président des commerçants du haut Montmartre. Autre acteur incontournable du quartier, le rectorat de la basilique constate que certains fidèles ne viennent plus aux offices. Et certains pèlerins décommandent leur venue. « C'est un vrai problème, d'autant plus que la Semaine sainte arrive bientôt et que nous recevons de nombreuses personnes âgées », précise le rectorat de la basilique. Quant au funiculaire, il n'est pas près de revenir dans le paysage. En effet, la RATP attend toujours les conclusions des résultats de l'enquête en cours. Elle prévoit la remise en service d'une des deux cabines pour l'été. La deuxième n'est pas attendue avant un an. D'ici là, riverains et touristes devront surtout s'armer de patience ou gravir les 221 marches de la butte.
William Molinié