Que finance l’Europe en Ile-de-France?

EUROPEENNES Les fonds européens cofinancent des milliers de projets dans la région, qu’ils touchent à l’insertion, à l’écologie, à la formation…

Oihana Gabriel

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L'Union européenne cofinance notamment des travaux de rénovation et d'isolation pour des logements sociaux dans le Val-de-Marne.

L'Union européenne cofinance notamment des travaux de rénovation et d'isolation pour des logements sociaux dans le Val-de-Marne. — SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

Abstraite l’Europe? On compte pourtant en mai 2014, 9.777 projets en cours de réalisation, cofinancés par l’Union européenne en Ile-de-France. Alors que les Franciliens s’apprêtent à voter ce dimanche pour une des 31 listes présentes dans la région, 20 Minutes est parti à la recherche d’exemples précis de chantiers qui ne se feraient pas sans l’Europe.

Logement, développement et formation

Sur la programmation 2007-2013, les fonds européens ont participé à la construction d’une maison des solidarités à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), facilitent la création d’une ludothèque à Paris 13e et à des cours d’alphabétisation à Bobigny. L’Europe a financé un quart d’un programme de réhabilitation de logements sociaux à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne): grâce à une meilleure isolation, des centaines de familles ont vu leurs charges baisser de 50 %. Sur le volet économique cette fois, c’est une zone d’activité de 8.000 m2 dédiée à l’éco-construction qui émerge à Carrières-sous-Poissy (Yvelines) et qui a été financé à 50 % par les fonds européens. «Centraliser les matériaux et la matière grise, une pépinière et des entreprises sur un secteur porteur permet aussi de redynamiser toute la ville, précise Roberto Romero, vice-président Europe et International. Ce chantier a permis de créer 30 emplois.»

Mais la formation est également un volet fondamental. A Etampes (Essonne), un organisme a pu apprendre à 46 personnes en insertion des métiers de services à la personne grâce aux 60.000 euros du Fonds social européen (FSE). «De même, une association propose un coaching personnalisé pour redonner à des jeunes peu ou pas qualifiés la confiance, les outils, le vocabulaire nécessaires pour trouver un emploi», reprend Robert Romero. A Boulogne (Hauts-de-Seine), le lycée Jacques Prévert invite des adultes sans diplôme à préparer un CAP d’installateur de sanitaires. «C’est l’occasion de se former à un métier où il y a des besoins, argumente Roberto Romero. Trouver un plombier en Ile-de-France relève souvent de la mission impossible!»

Et pour l’avenir?

Depuis le 1er janvier 2014, la région a gagné en autonomie financière. En clair, elle a la main sur l’ensemble de l’enveloppe du Fonds européen de développement régional (Feder) et du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader). Ainsi que sur la partie formation du FSE. Et en septembre, la région devrait officialiser les arbitrages pour les financements. La France rejoint ainsi l’Allemagne, où les Länder décident de la répartition des fonds. Selon Roberto Romero, «ce transfert d’autorité permettra plus d’efficacité et de justice. Nous travaillons à la mise en place d’une plateforme Internet pour aider au suivi des projets, pour savoir où ça bloque et qui contacter. D’autre part, nous mettrons en place des brigades d’intervention mobiles pour aider à monter un projet en 72h qui réponde aux exigences européennes. C’est une façon aussi de lutter contre les inégalités d’expertise»: la Seine-Saint-Denis a plus de ressources et de connaissances pour monter un dossier qu’une petite association.

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Quelques chiffres.

Entre 2006 et 2013, l’Ile-de-France a reçu des trois fonds européens 716 millions d’euros. Pour la programmation 2014-2020, l’enveloppe a bondi de 25% pour atteindre 906 millions. «L’Ile-de-France était la région la moins aidée de France, explique Roberto Romero. On est passé de 1,8 euros par habitant par an à 2,9. C’est encore loin de l’appui pour le Grand Londres, qui reçoit 8,9 euros par habitant avec une sociologie comparable.» Sur la répartition, environ un tiers ira à la formation et 36% à l’emploi et l’inclusion. 

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