Renault plombé par une série de décès

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Publié le 6 février 2007.

TRAVAIL - Le 24 janvier, le corps d'Hervé Tizon, 44 ans, a été retrouvé inanimé dans l'étang de l'entreprise Renault de Guyancourt (Yvelines). Le commissariat a conclu au suicide. En deux ans et demi, c'est le troisième employé du site à se donner la mort sur ...

Le 24 janvier, le corps d'Hervé Tizon, 44 ans, a été retrouvé inanimé dans l'étang de l'entreprise Renault de Guyancourt (Yvelines). Le commissariat a conclu au suicide. En deux ans et demi, c'est le troisième employé du site à se donner la mort sur son lieu de travail. Un quatrième a fait une tentative avortée. « C'est symboliquement très fort. Ils n'ont pas choisi de se tirer une balle chez eux », explique la CGT. La semaine suivante, 750 personnes se sont réunies pour rendre hommage au disparu. Dans la tristesse et la gêne. Les suicidés n'ayant laissé aucun message, comment interpréter leur geste ? Parmi les salariés et les syndicats, les avis divergent. La CGC et la CFDT ne suivent pas la CGT et SUD, qui s'interrogent à voix haute sur le lien entre ces suicides et des conditions de travail qui se seraient dégradées.

Le malaise est vraiment né après la mort d'Antonio Barros. Cet ingénieur en géométrie s'est jeté d'une coursive du bâtiment principal, à 10 h du matin. Sa chute a provoqué un écho considérable sous le toit en verre. Et de nombreux salariés ont vu le corps en sang, le crâne éclaté. Renault explique que la Cnam a écarté l'hypothèse de l'accident de travail. Mais dans un texte publié par la CGT après la mort d'Hervé Tizon, la veuve d'Antonio Barros se montre catégorique et écarte toute raison personnelle dans le geste de son mari : « Antonio a été broyé par un stress insupportable dû à son travail ; il se sentait profondément dévalorisé malgré son engagement qui l'a poussé à travailler le soir, le week-end et même la nuit. Ces conditions de travail anxiogènes (...) apportent la souffrance et le malheur à ceux qui les vivent. »

Renault, qui « songe à renforcer ses dispositifs », fait toutefois valoir que son observatoire du stress montre une légère baisse de l'anxiété des salariés depuis sa mise en place en 1998. L'entreprise rappelle aussi que 12 000 personnes travaillent sur le site, et qu'il ne faut pas comparer des cas alors que les contextes sont à chaque fois différents. » Pour en avoir le coeur net, SUD et la CGT appellent à une enquête indépendante pour déterminer les causes de ces suicides.

Michaël Hajdenberg

©2006 20 minutes
La CGT dénonce un « climat de pression », « la recherche systématique de coupables » quand les objectifs ne sont pas atteints, ce qui conduirait à une moindre solidarité.
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