Comprendre le crime. C'est ce qu'a tenté de faire hier la cour d'assises de Seine-et-Marne lors du procès d'une mère infanticide qui se poursuivra aujourd'hui. Le 3 août 1999, Gabrielle Dufeuil, 20 ans, met au monde un nourrisson dans sa chambre. Elle enveloppe l'enfant dans un jogging, le met dans un sac et demande à son frère, âgé de 15 ans, de jeter le paquet. L'enfant, né viable, mourra asphyxié.
Hier, la jeune femme, frêle silhouette vêtue de noir, a exprimé le regret d'avoir tué cet enfant, qu'elle avait reconnu après sa mort, et baptisé Whouston. A l'audience, Gabrielle Dufeuil a reconnu l'avoir tué. Mais elle a certifié qu'avant d'accoucher, elle ne savait pas qu'elle était enceinte. Et que son geste s'expliquait par ce déni de grossesse.
La jeune femme n'avait pas grossi et, ni sa mère ni ses demi-frères ne s'étaient aperçus de son état. « Ma cliente avait une mère très autoritaire qui lui interdisait d'avoir des rapports sexuels. Elle ne pouvait pas penser qu'elle était enceinte parce que cela lui aurait fait franchir l'interdit de sa mère », a expliqué son avocate. La jeune femme a ajouté que sa mère menaçait de la renvoyer en République démocratique du Congo si elle fréquentait un homme. Enfin, elle a éclaté en sanglots lorsqu'elle a raconté que sa mère, qui devait veiller à l'entretien de la tombe de l'enfant, avait laissé la concession expirer.