Etrange atmosphère au Théâtre national de Nice (TNN). Ce mercredi, dans la salle Michel-Simon, Fabrice Pierre et Jonathan Gensburger répètent Le double assassinat dans la rue Morgue... entre quatre planches. A même la scène, une boite démesurée – 9 m de large, 4 m de haut et 6 m de profondeur – a pris ses quartiers et aspire inexorablement le regard. Sur les épaisses lattes de bois clair, laissant filtrer la lumière, des images projetées d'un Paris d'antan entourent les comédiens en costumes XIXe, semblant tout droit échappés d'un de ces films sombres qui ont fait les beaux jours des débuts du 7e art.
Une dramaturgie très cinématographique signée Gaële Boghossian et Paulo Correia. Pour cette première création de rentrée, les deux pensionnaires du TNN ont choisi de faire renaître Edgar Allan Poe, l'inventeur du roman policier, et l'une de ses palpitantes nouvelles... dans un cercueil.
« Décoller de la réalité »
« En lisant des bouquins sur l'auteur, on a découvert que sa hantise était d'être enterré vivant. Gaële a eu l'idée de cette boîte. Pour la décoller de la réalité, on l'a imaginée sans aucune ligne verticale ni horizontale... », explique Paulo Correia. « Geek » assumé, le metteur en scène, qui a mis en 2011 Marivaux à la sauce 3D, a conçu une douzaine de décors, créés, à partir de cartes postales anciennes chinées puis retravaillées sur ordinateur.
Intriguant toujours, inquiétant parfois, l'écrin est en tout cas sur mesure pour cette enquête, où les spectateurs seront immergés au cœur du raisonnement qui mènera à la résolution des meurtres sanglants d'une mère et de sa fille.
Envie de connaître l'assassin ? Faites vite ! La pièce est jouée du 20 septembre au 12 octobre au TNN, et les représentations sont déjà presque complètes. Location sur www.tnn.fr ou au 04 93 13 90 90. Tarifs : de 16 € à 22 €.