Les habitants de cette zone « sensible » espèrent voir intervenir du personnel recruté dans le quartier.
Les habitants de cette zone « sensible » espèrent voir intervenir du personnel recruté dans le quartier. - F. BINACCHI / ANP / 20 MINUTES

FABIEN BINACCHI

C'était l'un des dossiers chauds de cet été, sur la Côte d'Azur. Le 31 juillet, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls ne retenait pas la ville de Nice dans sa liste de 15 zones de sécurité prioritaires. Une injustice pour le député-maire (UMP) Christian Estrosi. L'édile annonçait dès le 21 août qu'il comptait déployer dans le quartier des Moulins, début novembre, 4 médiateurs de nuit de l'association Adam (Aide aux devoirs animations des Moulins) et à terme 6 à 8 agents de sécurité privés « présents de 19 h à 5 h et probablement accompagnés de chiens pour surveiller et tranquilliser le quartier ». « Ce peut être une bonne chose, mais seulement s'il s'agit de gens embauchés dans le quartier, relève Elandro, cet habitant de 30 ans. Si ce sont des gars des Moulins, il n'y aura pas de souci, mais que du positif ».
Le son de cloche semble unanime : « Je suis absolument contre s'il s'agit d'intervenants qui viennent de l'extérieur. Ça ne ferait qu'envenimer la situation, lance aussi Rachid, le gérant de la laverie des Yuccas. Moi j'ai grandi ici avec des ilotiers… Il faut renouer le dialogue. Ne serait-ce que pour les problèmes de drogue et de trafic. » Trois jeunes dealers du quartier, dénoncés par des riverains, ont ainsi écopé mardi de deux ans de prison ferme, rapporte le quotidien Nice-matin. « La drogue, elle est là… on la voit. Mais c'est comme partout, je pense », avance Magali, 46 ans. « Les stupéfiants, les pétards, ne sont qu'une partie du problème. Il n'y en a pas moins ou pas plus que dans d'autres quartiers, pointe Karim Benahmed, le directeur adjoint de l'association Adam. L'alcool, la sociabilisation par l'emploi... il faut prendre la problématique dans son ensemble. ».