La société EON reality développe des programmes en 3D.
La société EON reality développe des programmes en 3D. - EON reality

Thibaud Roques

Pour le moment, entre plages et repos, ils ne doivent guère s'en soucier. Mais, de retour des vacances, certains petits Cannois trouveront une surprise, sur les bancs de leurs classes : des lunettes 3D. A partir de la rentrée, la cité des festivals a en effet décidé d'expérimenter l'enseignement en trois dimensions, dans quatre de ses écoles élémentaires (Les Broussailles, Frédéric-Mistral, Hélène-Vagliano et Bocca-Verrerie). « C'est une première en France dans des établissements primaires », relève l'adjointe au maire déléguée à l'éducation, Evelyne Brun. « Et il s'agit là d'une phase de test avant d'étendre le dispositif », complète-t-elle. Le rectorat doit encore fixer dans l'été le cadre de cette expérimentation et notamment les matières qui pourront en bénéficier.
« La 3D s'applique mieux à certaines disciplines qu'à d'autres, indique Pierre-Julien Barraud, directeur commercial Europe d'EON reality. Cette entreprise, basée en Californie, fournira aux professeurs le logiciel qui leur permettra de mettre leurs cours en relief (d'autres partenaires ont aussi cédé 4 vidéoprojecteurs compatibles et 120 paires de lunettes à la ville...).

Dix mille objets
« La géographie ou les sciences naturelles, par exemple, sont particulièrement intéressantes à travailler en 3D », poursuit le spécialiste. Concrètement, les instituteurs vont piocher dans une base de données en pleine expansion, qui compte déjà plus de 10 000 objets, et pourront ainsi créer leur propre contenu à projeter.

Des cours plus attrayants
Etudier une cellule, un cœur ou des monuments, par exemple, prendra alors une nouvelle dimension pour les bambins, leurs lunettes futuristes vissées sur le nez. Selon les résultats d'une étude que les ingénieurs d'EON reality ont mené, 92% des élèves seraient effectivement attentifs et concentrés dans une classe projettant des cours en trois dimensions, alors qu'ils ne seraient que 46% au cours d'une séance d'enseignement « traditionnelle ». Reste à voir si les écoliers cannois se laisseront eux aussi séduire.