Les deux trentenaires niçoises sont restées dans l'engin de chantier de 6 h 30 à 9 h du matin.
Les deux trentenaires niçoises sont restées dans l'engin de chantier de 6 h 30 à 9 h du matin. - ANP / 20 MINUTES

Aurélie Selvi

Pompiers, grande échelle, GIPN... C'est l'impressionnant dispositif déployé ce jeudi matin au pied d'un chantier de Nice Est. Perchées dans une grue, deux Niçoises réclamaient « des logements plus grands » pour leurs soeurs et leurs enfants, pointant des « lenteurs injustes ». « Un chantage intolérable quand de nombreuses familles patientent en pleine crise du logement », dénonce le bailleur social Côte d'Azur habitat.«La crise du logement à Nice est grave ! » Le cri d'alarme est signé Jean-Baptiste Eyraud. Ce jeudi, le fondateur de l'association DAL (droit au logement) était à Nice pour soutenir la création du collectif DAL 06. Dans leur viseur, notamment, « les 3 000 logements sociaux vacants niçois, un taux anormalement élevé face aux besoins », dixit Bernard Neuville, de Vie & Partages, l'une des 14 associations fédérées par ce collectif, qui tacle « le clientélisme dans l'attribution d'habitats sociaux. »
« Des attaques mensongères très graves », dénonce Dominique Estrosi-Sasonne, adjointe au maire de Nice en charge de la politique de la ville et présidente de Côte d'Azur habitat, principal bailleur social de la ville. « Notre parc compte 700 logements vacants, en cours de rénovation ou détruits dans le cadre d'opération de renouvellement urbain », précise-t-elle. Quant aux critères de la loi SRU, qui impose un taux de 20 % d'habitats sociaux par ville d'ici à 2020, Nice et ses 11,5% en sont loin. « Mais, depuis 2009, 800 logements voient le jour chaque année », assure l'élue. Pour trancher sur cette bataille de chiffres, « nous saisirons la semaine prochaine le Ministère du logement afin qu'il dresse un état des lieux », indique le DAL 06, qui tient samedi ses premières permanences.