Dans chaque quartier concerné, un panneau « Voisins vigilants » est apposé.
Dans chaque quartier concerné, un panneau « Voisins vigilants » est apposé. - M. FRENOIS / ANP

M. Frenois et A. Selvi

Sur le bord de la route de Saint-Pierre-de-Féric, un panneau jaune avec un œil grand ouvert annonce la couleur. Au cœur de la colline de Magnan, à Nice Ouest, les voisins sont « vigilants ». Lancé en 2009 dans la capitale azuréenne, le dispositif prend la forme d'une chaîne de solidarité entre riverains pour prévenir les cambriolages et la petite délinquance. Mais pas seulement : « Nous sommes présents au quotidien dans d'autres domaines comme l'attention portée aux personnes âgées. Nous aidons les citoyens, pas la police », indique sur place Jean-Marie Gilli, le « référent » du quartier. A Nice, 13 zones font partie du réseau « voisins vigilants ». « Cinq nouvelles chaînes de surveillance seront activées d'ici à la fin de l'année, à la demande des comités de quartier », précise Benoît Kandel, premier adjoint au maire (UMP). Dans ces secteurs, un riverain « référent », chargé de donner l'alerte en cas de problème, est désigné. « Nous animons à chaque création une réunion d'information pour leur apprendre quelques réflexes, comme le relevé de plaque d'immatriculation », détaille Marc Ligot, responsable du dispositif à la police municipale, qui « formait » jeudi soir les résidents du quartier Saint-Isidore.

« Ce panneau, c'est du pipeau ! »
Un procédé qui porte ses fruits, selon la ville de Nice, qui recensait en 2011 « 100 prises de contact, 6 alertes diffusées sur faits réels et 2 interpellations sur flagrant délit. » Une surveillance à bas coût pour la municipalité, qui se contente d'installer des panneaux dans les zones concernées. « Mais ce n'est pas une police privée ou un système de délation, plutôt un moyen de tisser du lien entre citoyens », assure Benoît Kandel, qui précise qu'en 2011, Nice enregistrait 3 900 cambriolages, « soit 10 % de moins qu'en 2012 ». Du côté de Magnan, il y a les convaincus comme Yvon, voisin « rassuré » par le dispositif, mais nostalgique : « On aimerait revenir au temps où on mettait la clef sous le paillasson. » Et les sceptiques : « Ce panneau, c'est du pipeau, ça ne dissuade pas ! », peste Yannick, qui s'est récemment fait voler sa voiture et attend surtout « le déploiement de policiers supplémentaires ».