Le High club, la plus importante discothèque de Nice, située sur la promenade des Anglais, est visé par l'association.
Le High club, la plus importante discothèque de Nice, située sur la promenade des Anglais, est visé par l'association. - A. SELVI / ANP

Mathilde Frenois

«Certaines personnes sont privées de loisirs.» Voilà ce qui a poussé Amadou Diallo, président de SOS Racisme 06, à s'attaquer aux boîtes de nuit niçoises. Samedi dernier, l'association a mis à l'épreuve trois discothèques dans le cadre de la « Nuit européenne du testing ». Le concept : deux groupes de fêtards identiques sont formés, à une exception près : leur couleur de peau. Verdict, selon l'association : dans deux des trois discothèques visitées, le groupe test (typé africain et arabe) s'est vu refuser l'accès... tandis que le trio typé européen n'a eu aucun mal à entrer. Une action qui a permis à SOS Racisme d'épingler le High club et Les Coulisses. « Avec une capacité de 200 personnes, on a le droit de choisir notre clientèle. Parfois on refuse des blancs, même des amis. On ne maîtrise pas le travail de nos portiers », se défend la co-gérante des Coulisses, avant de rajouter : « Chez nous, il y a beaucoup d'employés étrangers. Mais on fait de l'électro et cette musique n'attire pas les Africains. »

Fermetures temporaires
De son côté, le High club se justifiait ce mercredi avec « un panel de photos du week-end dernier, prises avec des personnes dites “de couleur”. » Muni d'enregistrements audio, SOS Racisme 06 compte bien saisir la justice dans les prochains jours. « Une fois que toutes les déclarations de témoins auront été recueillies », précise l'association. Ce type de discriminations, s'il est confirmé, peut-être puni de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. Amadou Diallo espère surtout la fermeture temporaire des établissements. « A Nice, les thèses du Front national prospèrent d'avantage que les idées républicaines. Cela est en parti dû aux discours politiques qui ont tendance à glisser vers l'extrême droite », pointe-t-il.
Sur la Côte, l'association pratique aussi le testing à l'embauche et à l'accès au logement « pour alerter l'opinion sur ces actes d'un autre âge. »