Un système de culture des micro-algues assisté par ordinateur utilisé en labo.
Un système de culture des micro-algues assisté par ordinateur utilisé en labo.

Aurélie Selvi

«Bio-Diesel », l'intitulé a de quoi surprendre mais il pourrait bien faire son apparition à la pompe. C'est en tout cas ce sur quoi planchent des chercheurs azuréens. A l'Inria de Sophia-Antipolis et au Laboratoire océanologique de Villefranche-sur-Mer (LOV), une quarantaine de scientifiques veut mettre des micro-algues dans nos moteurs. Précurseurs, c'est en 2006 que ces as de la biodiversité marine commencent à faire germer l'idée. Une première européenne. « La matière première, c'est le phytoplancton, un micro-organisme qui produit de l'oxygène et absorbe du CO² », explique Antoine Sciandra, directeur du LOV.

« Expérimentation industrielle »
Comment les transformer en carburant ? « En les privant d'azote en laboratoire, ces organismes génèrent une importante quantité d'huile, des lipides, équivalent à ceux générés par des plantes terrestres comme le colza ou le tournesol, détaille Olivier Bernard, directeur de recherche à l'Inria. Ces espèces pouvant contenir 50 % de leur masse en huile, il en faudrait donc 2 kg pour faire 1 kg de biocarburant », précise le scientifique. Seul hic pour l'heure, le prix : 10 € du litre. Pour faire baisser les coûts, les spécialistes se donnent une dizaine d'années. Baptisé « Green stars », leur projet, développé en partenariat avec des chercheurs de Montpellier et de Narbonne pour un coût de 160 millions d'euros, vient d'être sélectionné dans le programme d'investissement d'avenir de l'Etat, qui en financera 20%. Sur la Côte, le département, la métropole et la région mettront aussi la main au porte-monnaie. Une étape qui permettra aux micro-algues de quitter leur labo : d'ici à 3 ans, un site d'un hectare, dédié à des expérimentations industrielles, verra le jour dans la plaine du Var, à Nice.