Les policiers jugés pour viol acquittés

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Publié le 16 décembre 2011.

Justice Relation consentie par la prostituée ou imposée par l'uniforme, les jurés ont tranché

Après plus de deux heures de délibération, les jurés ont décidé, tard hier soir, d'acquitter les trois policiers nationaux accusés de « viols par personne abusant de l'autorité conférée par ses fonctions ». Huit à dix ans de prison avaient été requis devant les assises des Alpes-Maritimes. Entre la défense et le ministère public, durant les débats le scénario de la nuit du 23 février 2010 a achoppé sur un point déterminant. Y a-t-il eu contrainte de la prostituée qui accusait les policiers ?

Inversion des rôles
« Vous étiez des policiers, l'acte a été facilité par l'autorité que vous représentiez », avait insisté le magistrat. Le réquisitoire a été différent pour le quatrième membre du groupe qui n'a pas participé aux ébats. Poursuivi pour « abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit contre l'intégrité d'une personne », il risquait un an d'emprisonnement.
Dans ce débat, la défense des quatre hommes inversait les rôles : selon eux, c'est Diane, jeune prostituée toulonnaise de 27 ans, qui aurait provoqué la situation en exhibant ses attributs. « Comment voulez-vous qu'elle ait pu faire ça alors qu'elle venait de subir une opération de la poitrine deux semaines auparavant ? » avait rétorqué Me Fatovich, avocate de la plaignante. « La douleur associée au port obligatoire d'un soutien-gorge de maintien ne permettent pas de croire à cette version », avait-elle ajouté, avec l'objectif de démontrer clairement un abus de l'autorité conférée par leurs fonctions de la part des accusés.
Dans le cas contraire, « la peine pénale ne doit pas être le reflet de la peine morale », avaient souligné les défenseurs des policiers. Avoir eu des rapports avec une prostituée pendant le service est certes condamnable, « mais ce n'est pas le sujet du débat », avaient-ils insisté. « Après la mort professionnelle de ces hommes, on demande leur mort civile, ça n'est pas acceptable », avait argué l'un de ces avocats, avant de rappeler que la plaignante « a quand même déclaré, et c'est acquis, que si elle avait été payée par les fonctionnaires, elle n'aurait pas porté plainte... Le dossier peut se terminer ici. »

élisa Cavali
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