Christian Estrosi était hier au pôle économique et financier du Tribunal de grande instance de Marseille. Le maire (UMP) de Nice y a été entendu en qualité de témoin assisté par le juge d'instruction Catherine Lévy. Ce juge marseillais enquête sur une affaire de marchés présumés frauduleux et d'entente illicite, concernant la location d'hélicoptères bombardiers d'eau aux services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) des Alpes-Maritimes et du Var.
Une longue enquête
A l'issue de son audition de plus de deux heures, Christian Estrosi a indiqué « qu'il s'agit de marchés qui portent sur une période antérieure à [sa] présidence du conseil général des Alpes-Maritimes et du SDIS 06 ». « Cette enquête porte sur plusieurs années, a expliqué son conseil, Maître Gérard Baudoux. Deux entreprises, Héli Protection et Héli Paca, sont suspectées d'entente illicite dans le Var, et l'une d'entre elles avait été retenue pour un marché public dans les Alpes-Maritimes afin de répondre aux besoins du Service départemental d'incendie et de secours [Sdis 06]. »
La cour des comptes saisie
Christian Estrosi affirme avoir « refusé la signature de ce marché », au moment où il a accédé à la présidence du SDIS 06, en mars 2005. Il indique avoir également « saisi la chambre régionale de la Cour des comptes » sur cette affaire et se déclare « heureux d'apporter sa contribution à la justice ».
Selon France 3 Provence Alpes, le patron des deux sociétés d'hélicoptères a été mis en examen pour recel de favoritisme et entente illicite dans ce dossier le 24 mai. En 2004, la Cour des comptes s'était étonnée de la façon dont le marché avait été accordé en 1998 à Héli Paca par le Sdis 83, relevant des «anomalies ». « Le dossier est pratiquement arrivé à son terme, et la suite passera par le renvoi devant une juridiction des personnes mises en examen, ou pas », estime Me Baudoux, qui pour sa part va « demander le dossier » et après son examen envisagera « une constitution de partie civile. »