Côte d’Azur: Mais où sont passés les yachts, s’inquiètent les élus?

ECONOMIE Des élus s’inquiètent de la disparition des yachts dans les ports de la Côte d’Azur, au profit d’autre destination plus avantageuse fiscalement…

A.M. avec AFP

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Un yacht sur le port de La Ciotat

Un yacht sur le port de La Ciotat — GERARD JULIEN/ AFP

  • Plusieurs élus de la Côte d’Azur ont interpellé le chef de l’Etat sur la baisse de fréquentation des yachts dans les ports de la région.
  • En cause, une fiscalité trop importante sur les carburants et la réglementation sociale plus avantageuse dans d’autres pays européens.

Plusieurs élus ont dénoncé mercredi dans une lettre ouverte au chef de l’Etat la disparition des yachts dans les ports de la grande Côte d’Azur, un fleuron de l’économie locale. Ils mettent en avant la concurrence de l’Italie et l’Espagne où la fiscalité et la réglementation sociale est plus avantageuse.

« La gravité de la situation économique de la filière yachting de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur nous impose de vous saisir et d’en appeler à votre intervention directe (…) », indiquent Renaud Muselier, Christian Estrosi et Hubert Falco, respectivement président de la Région, de la métropole niçoise et de l’agglomération de Toulon, dans ce courrier transmis à la presse mercredi.

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Jusqu’à 40 % de baisse de fréquentation

Depuis début 2017, écrivent-ils, la perte de chiffre d’affaires en escale du port emblématique de Saint-Tropez est de 30 %, celle de la rade de Toulon de 40 %. Le manque à gagner est similaire au port d’Antibes, plus gros port de yachting d’Europe et célèbre pour son fameux « quai des milliardaires », selon la chambre de commerce et d’industrie (CCI).

En cause, selon eux, l’application stricte par la France d’un arrêt européen sur la taxation du gasoil et un récent décret de mars 2017 imposant aux armateurs de cotiser pour leurs marins résidents. Ils donnent des exemples : « Faire un plein de gasoil maritime en Italie pour un yacht de 42 mètres permet d’économiser près de 21.000 euros par semaine en raison du différentiel de taxe », et « le surcoût annuel en France lié aux charges sociales s’élève à 300.000 euros pour un équipage de sept personnes ».

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Des chantiers partent à l’étranger

La société d’entretien Monaco Marine vient de perdre un chantier pour un bateau de 152 mètres « parti en Espagne ». A Antibes, « il n’y a quasiment plus d’embauche de marins résidents français » et « les quatre plus gros distributeurs de gasoil maritime de la région ont perdu 50 % de volume pour la saison estivale 2017 », selon la lettre.

« L’harmonisation urgente des réglementations fiscales et sociales au niveau européen est donc indispensable (…) », ajoutent-ils. « La baisse de fréquentation est visible à l’œil nu si l’on regarde une carte du positionnement des yachts en Méditerranée occidentale, c’est très renforcé cet été », observe Franck Dosne, directeur du port Vauban à Antibes, auprès de l’AFP. Quant aux cotisations sociales, « l’impact est terrible. Le taux pour les armateurs est passé de 15 à 55 % », dit-il, joint à Paris où il devait s’entretenir avec la ministre des Transports Elisabeth Borne.