Nice: Sacs à dos, serres, toiles de tente… Une entreprise habille les textiles de films photovoltaïques

NOUVELLES TECHNOLOGIE Pour équiper les voiliers, les toiles de tente, les serres, les sacs à dos…

Mathilde Frénois

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Solar Cloth System intègre des films
photovoltaïques dans les voiles.

Solar Cloth System intègre des films photovoltaïques dans les voiles. — Solar Cloth System

  • Solar Cloth System a déposé un brevet pour sa technologie : un film photovoltaïque encapsulé dans du textile
  • La start-up assure ainsi une autonomie grâce à l’énergie solaire sur la mer jusqu’à… la stratosphère

Les panneaux photovoltaïques condamnés à rester sur les toits des immeubles et dans les champs des déserts ? Pas pour l’entreprise cannoise Solar Cloth System. L’établissement développe des films photovoltaïques que l’on peut enrouler, dérouler, réenrouler, plier en portefeuille et insérer dans les textiles.

« Les panneaux semi-souples pèsent 3 à 4 kg au mètre carré. De l’épaisseur d’un foulard en soie, les cellules que nous fabriquons ne dépassent pas les 400 g au mètre carré », explique son fondateur, Alain Janet. Enfermé dans un ensemble de couches de textile – une méthode appelée « encapsulation » –, le film photovoltaïque transforme l’énergie solaire en électricité. Une technique qui a été brevetée par les Azuréens.

Dans la stratosphère

La résistance et la légèreté de cette technologie, intégrée à différents types de textile, permettent des applications variées. « On a commencé dans l’univers du nautisme », raconte Alain Janet qui a créé sa start-up il y a deux ans. Ainsi, au dernier Vendée Globe, le skipper Conrad Colman a traversé les océans avec cette technologie cachée dans 20 m² de ses 175 m² de voile. Pendant son tour du monde, le Néo-Zélandais était en totale autonomie grâce au soleil, une prouesse déjà réalisée pendant la traversée de l’Atlantique en 2014 lors de la Route du Rhum. « On s’est rendu compte que le marché pouvait être élargi car, quel que soit l’endroit où l’on va, on a besoin d’énergie. Notre produit permet de la récolter en plein air avec des techniques simples », explique Alain Janet.

Vendus 490 euros du mètre carré, les films photovoltaïques intègrent aussi les serres en tunnel pour alimenter les pompes d’irrigation, les toiles de tente de camping pour plus d’autonomie, les tissus des sacs à dos pour recharger son smartphone, les camps de réfugiés pour les forages en eau. « Une voile solaire a été emportée dans la stratosphère, se réjouit le créateur de Solar Cloth System. Le CNES [Centre national d’études spatiales] a testé le prototype » qui est ainsi passé de la mer… à l’espace.