Festival de Cannes: Les projos au Palais des festivals, c’était lui, et c’est sa dernière séance

COULISSES Après 34 ans passés dans les entrailles du centre de congrès, le chef projectionniste Eric Falcon va raccrocher…

Fabien Binacchi

— 

Eric Falcon prend la pose entre un projecteur numérique et un argentique

Eric Falcon prend la pose entre un projecteur numérique et un argentique — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

  • De moins en moins en argentique, désormais presque exclusivement en numérique, Eric Falcon gère les projections des films en sélection au Palais des festivals.
  • Après 34 années de bons et loyaux services au centre de congrès de la Croisette, le chef projectionniste va prendre sa retraite.

Un brin nostalgique, Eric Falcon nous emmène jusqu’à son « bureau » caché dans les coulisses du Palais des festivals. Entouré de toutes ses machines qui font s’animer les films, le chef projectionniste du centre de congrès cannois est en train de vivre son tout dernier festival.

A 63 ans, dont 34 passés dans les entrailles du bâtiment de la Croisette, il s’apprête à raccrocher. Et à emporter avec lui plein de souvenirs.

« Comme la fois où Clint Eastwood est venu prendre un verre avec nous pour l’anniversaire d’un collègue, raconte le très sympathique spécialiste. C’était en 2008. Il était venu présenter L’Echange avec Angelina Jolie. »

>> A lire aussi : Comment faire le plein de films gratis (et sans badge) au Festival de Cannes

Le numérique et la magie

Pendant toutes ces années, aidé par toute une myriade de collaborateurs, il a croisé la route de bon nombre de monstres sacrés, invités aux répétitions de leurs projections. « Matthieu Amalric et Ken Loach sont très sympas. Et, en règle générale, les Américains sont très cools », explique Eric Falcon, un grand sourire sur sa bobine toute ronde.

Depuis quelques années pourtant, « les projections ont perdu un peu de magie », selon lui. Avec l’arrivée du numérique… « L’an dernier, il n’y a que Xavier Dolan qui nous ait apporté son film [Juste la fin du monde] sur pellicule. Les autres arrivent sur des disques durs. Et au final, il n’y a pas le même grain. »

Mais bon, « comme il faut bien vivre avec son temps », Eric Falcon s’est accommodé de cette modernité. « L’important, c’est les films et ceux qui les font, dit-il. D’ailleurs, avant de partir, j’aimerai bien croiser le président du jury de cette 70e édition. » Pedro Almodovar, on espère que vous avez bien reçu le message.