Quel bilan pour Christian Estrosi après 18 mois à la tête de la région Paca?

POLITIQUE Il est arrivé aux fonctions en décembre 2015... 

Mathilde Frénois

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Christian Estrosi lors d'une conférence de presse le 21 février dernier Credit:BRUNO BEBERT/SIPA/1702221157

Christian Estrosi lors d'une conférence de presse le 21 février dernier Credit:BRUNO BEBERT/SIPA/1702221157 — SIPA

  • L’élu Les Républicains souhaite redevenir maire de Nice.
  • Il assure avoir tenu 80 % de ses engagements. Qu’en est-il ?

Il sera resté à la tête de la région Paca 18 mois. Appelé par sa ville (comme il l’affirme) ou par les sirènes d’un ministère ( selon l’avis de certains, même s’il s’en défend), Christian Estrosi quitte la présidence du conseil régional.

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Il affirme avoir « considérablement modernisé [le] territoire et surtout rétabli l’équité territoriale » avec « plus de 80 % des 250 engagements » pris tenus. Mais quel est le (vrai) bilan de Christian Estrosi en tant que président de la région Paca ?

Le retour d’un circuit de F1 : Fait

Le départ de la première course sera donné à l’été 2018. Mais c’est bien Christian Estrosi qui était aux manettes du retour du Grand Prix de France sur le circuit Paul Ricard au Castellet dans le Var. La réapparition de la F1 et le vrombissement de ses bolides a un coût. La région a décidé d’investir 14 millions d’euros. Une somme qui sera quasi remboursée par la billetterie.

Le président de la région Paca estime à 66.000 le nombre de spectateurs attendus pour des retombées économiques à hauteur de 65 millions d’euros.

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Les portiques de sécurité dans les gares : En cours

Qu’il soit à la ville ou à la région, la sécurité est le sujet de prédilection de Christian Estrosi. Pour l’assurer dans les gares, il avait promis la mise en place de portiques, avec un « tunnel » pour le contrôle des bagages. Un dispositif qui est loin d’être présent sur les quais de toutes les stations de la région Paca.

« Le sketch des portiques de sécurité n’est plus à démontrer. Il devait y en avoir dans toutes les gares, il n’en a mis que là où ça l’arrangeait et pour un coût exorbitant », peste le conseiller municipal et régional FN Olivier Bettati.

Des portiques ont bien été installés aux Arc-Draguignan par exemple. Mais ils ont été démontés six mois plus tard car, selon la région, il ne s’agissait que d’une période de test. Après avoir constaté « une baisse significative de la délinquance en gare des Arcs », Christian Estrosi a annoncé, le 10 mars, l’équipement de 47 gares, dont 8 de manière permanente, sur les 147 que compte la région. Un dispositif qui sera financé par la région à hauteur de 556.000 euros en investissement et 5,1 millions d’euros par an en fonctionnement.

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Le transport à un euro pour les jeunes : Pas fait

Débourser un euro par mois et se déplacer dans toute la région Paca. C’était l’une des mesures fortes de Christian Estrosi pour les jeunes. La promesse n’a pas été tenue. « C’était une mesure emblématique », regrette le conseiller municipal Patrick Allemand.

L’ouverture à la concurrence des TER : En cours

En octobre 2016, Christian Estrosi fête son premier anniversaire à la tête de la région et… prépare un coup : il annonce la fin des négociations avec la SNCF pour l’exploitation des TER. Jugeant le « service de mauvaise qualité », il veut expérimenter l’ouverture à la concurrence à l’horizon 2019.

Pour remplir ce souhait, la collectivité a lancé des procédures pour s’assurer que les rames tout juste achetées lui appartiennent. La région étudie surtout l’hypothèse d’une reprise en régie. En projet aussi, la création à Nice d’un centre de maintenance des trains autofinancé.

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La conférence consultative régionale : Fait (mais en échec)

Elle s’est réunie au complet seulement une fois en 18 mois. La conférence consultative régionale a été créée par Christian Estrosi pour que tous les partis (et surtout la gauche) puissent s’exprimer sur la politique régionale, le conseil étant constitué uniquement d’élus LR et FN.

Mais, après une première édition, les élus de gauche ont dénoncé le manque de temps de parole. « Six minutes, voilà ce que méritent, pour le président de la région, les 300.000 habitants de Provence-Alpes-Côte-d’Azur qui nous ont apporté leurs suffrages », déplorait fin janvier Christophe Castaner, chef de fil du groupe Union de la gauche.

Christian Estrosi proposait d’augmenter ce temps. Mais rien n’y a fait, la gauche n’a pas participé à cette deuxième (et dernière) conférence consultative régionale menée par Christian Estrosi.

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Et le reste…

« Son passage aura été tellement éphémère qu’on ne peut pas tirer un bilan. En 18 mois, on n’a pas le temps de juger quelqu’un sur ce qu’il a fait. Il n’est pas resté suffisamment longtemps en fonction pour pouvoir tirer le moindre bilan », grince Patrick Allemand.

Christian Estrosi lui l’assure pourtant : « Le changement promis est déjà engagé », citant notamment ses engagements tenus en matière de « création de douze opérations d’intérêt régional », la « lutte contre les déserts médicaux pour préserver [les] territoires ruraux », la « captation des fonds européens » ou encore la « relation de mise sous pression de la SNCF ».

Parmi ses autres propositions en attente : la promesse d’une région « no plastic » ou la création de la première smart-région d’Europe à l’horizon 2022. Un « changement » qu’il remet donc entre les mains de son/sa successeur.