Le boulanger niçois Frédéric Roy a reçu des équipes de campagne dans son arrière-boutique.
Le boulanger niçois Frédéric Roy a reçu des équipes de campagne dans son arrière-boutique. - M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • A 46 ans, il gagne presque le smic
  • Il a rencontré Aurélie Filippetti et Jérôme Chartier dans son arrière-boutique

Frédéric Roy façonne son pain six jours sur sept, 80 heures par semaine. Et quand il a les mains dans le pétrin, ce boulanger de la rue de France, à Nice, « réfléchi [t] politique ». Luttant contre « la mort des artisans », il a interpellé les candidats à la présidentielle… jusqu’à voir débarquer des équipes de campagne dans son arrière-boutique : Aurélie Filippetti pour Benoît Hamon et Jérôme Chartier pour François Fillon.

« Je veux qu’il y ait une prise de conscience, dit Frédéric Roy. On est en train de perdre tous les petits métiers. Il n’y a presque plus de poissonnier, de cordonnier, de tapissier… »

« Ras-le-bol des charges »

En juillet, le boulanger écrit au gouvernement, aux parlementaires et aux candidats. Dans ses lettres, il exprime son « ras-le-bol des charges à payer » : « Lorsque mon chiffre d’affaires atteint 40.000 euros par mois, je reverse 20.000 euros en taxes. » A 46 ans, ce père de famille originaire de Dijon gagne moins que le Smic. « Les prix du beurre, du sucre, du loyer augmentent. Bientôt, je serai obligé de faire de l’industriel pour ne pas fermer la boutique », regrette-t-il. Les politiques ont donc débarqué dans la boulangerie avec leur lot de solutions sur la flexibilité entrepreneuriale.

Mais Frédéric Roy refuse de dévoiler son vote. « Juste pas Macron, dit-il. Je suis contre le travail du dimanche qui défavorise les petits artisans comme moi. » Au moment de glisser l’enveloppe dans l’urne, le Niçois n’aura qu’un regret : « Ne pas avoir rencontré tous les candidats. »

>> A lire aussi : VIDEO. Présidentielle: «Augmenter les minima sociaux et les revenus des petites retraites»

 

Mots-clés :