Côte d'Azur: Des migrants passent légalement un contrôle aux frontières pour demander l'asile

MIGRANTS Pour la première fois, le convoi avec dix migrants mené par Cédric Herrou est arrivé jusqu'à l'administration française.. 

Mathilde Frénois

— 

La figure de l'aide aux migrants Cédric Herrou aide Fikadou à envisager la suite de son parcours en Europe.

La figure de l'aide aux migrants Cédric Herrou aide Fikadou à envisager la suite de son parcours en Europe. — M. Ffénois / ANP / 20 Minutes

Devant le local du forum réfugiés de Nice, Fikadou ne lâche pas sa feuille A4. Dans ses mains, la convocation à la préfecture pour effectuer sa demande d’asile et un récépissé l’assurant de ne pas se voir reconduit en Italie. « Je suis heureux et apaisé », sourit-il.

Arrivé en France via la vallée de la Roya, cet Erythréen de 31 ans est l’un des premiers à atteindre légalement l’administration française. Auparavant, les migrants restaient bloqués par les points de contrôle aux frontières.

>> A lire aussi : Trois migrants interpellés alors qu'ils se rendaient à la préfecture de Côte d'Azur

« Le droit enfin respecté »

« La Roya a la particularité d’avoir une frontière déplacée dans le territoire français, explique René Dahon de Roya citoyenne. Or l’asile est un droit. Une fois arrivés en France, les migrants devraient pouvoir déposer leur demande sans encombre. » Mardi, trois membres de l’association, René Dahon, Georges Faye et Cédric Herrou, sont montés dans leurs voitures avec dix migrants érythréens et soudanais. Pour la première fois, tous ont franchi les deux barrages de Sospel et de la Turbie sans interpellation.

« C’est un moment historique, se réjouit Georges Faye. Le droit est enfin respecté. » Cette « petite victoire » pour Roya citoyenne intervient après la condamnation du préfet des Alpes-Maritimes pour « atteinte grave au droit d’asile » alors qu’une famille érythréenne était empêchée de demander l’asile.

Direction Paris

« On n’est pas des no-borders, insiste la figure de l’aide aux migrants Cédric Herrou. Les lois servent à gérer les entrées en France. Il faut les respecter. »

Son papier officiel en poche, Fikadou prendra le train pour rejoindre Paris. La préfecture, injoignable du fait de la période de réserve, aura six mois pour statuer sur la recevabilité de sa demande.