Les écoliers niçois travaillent déjà sous l’œil de leurs professeurs. Bientôt, ce sera peut-être sous celui des caméras qu’ils pourront apprendre leurs leçons. La ville de Nice expérimente un dispositif de vidéosurveillance dans les établissements scolaires.

« Les écoles sont clairement une cible pour les djihadistes, explique Christian Estrosi, premier adjoint. Il sera désormais possible de visionner à l’intérieur des établissements en l’absence des élèves. Et en cas d’alerte, même pendant l’ouverture pour connaître la nature du danger. » Mais un carré blanc masque aujourd’hui les images, ce système étant interdit en France et la ministre de l’Education nationale refusant de délivrer l’autorisation.

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Près d’1,5 million d’euros

« Les lois de la République s’appliquent aussi à M. Estrosi », pointe Laetitia Siccardi, présidente de la FCPE 06. Sur le fond, c’est l’ampleur de la mesure qui inquiète le syndicat enseignant Snuipp : « On fait fausse route, estime le secrétaire général Gilles Jean. L’école n’est pas un bunker. » L’école Fuon Cauda vient d’être équipée de ce nouveau dispositif pour une expérimentation : huit caméras dans les couloirs, les salles communes, la cour de récréation. « En cas d’alerte, elles seront enclenchées et les images visionnées par le centre de supervision urbain, explique Franck Curinga, directeur du service informatique de la commune. Elles serviront à lever le doute sur une éventuelle menace. »

Les établissements niçois disposent déjà d’un dispositif de vidéosurveillance extérieur, de boutons d’alerte et de badges d’accès. Des outils mis en place en 2016 pour 8,7 millions d’euros. A la rentrée 2017, c’est 1,5 million d’euros qui seront alloués à cette sécurisation.