Nice: Une enquête ouverte sur le financement de la mosquée En Nour

JUSTICE Elle fait suite à un signalement transmis par la ville...

F.B. avec AFP

— 

L’imam et recteur Mahmoud Benzamia officie le premier Tarawih, dans la mosquée En Nour de Nice.

L’imam et recteur Mahmoud Benzamia officie le premier Tarawih, dans la mosquée En Nour de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

La justice va bien se pencher sur le financement de la mosquée En Nour. Le procureur de la République de Nice a confirmé ce lundi qu’une enquête préliminaire était ouverte. Elle fait suite à un signalement transmis en début d’année par les services de la ville.

Il y a en effet un travail d’enquête lancé « sur les mouvements financiers qui concernent la construction et le fonctionnement » de ce lieu de culte, inauguré en 2016 à l’ouest de Nice, a précisé le procureur Jean-Michel Prêtre.

>> A lire aussi : A Nice, Christian Estrosi saisit à nouveau la justice contre la mosquée En-Nour

Des « interrogations »

Suspectant un « potentiel blanchiment de capitaux », « des infractions fiscales » et un « délit d’abus de biens sociaux », le premier adjoint au maire de Nice Christian Estrosi avait « dénoncé les travaux qui ont été réalisés gracieusement dans cet équipement ».

Ces travaux ont coûté « près d’un million d’euros », selon l’élu, et ont été réalisés « par des sociétés constituées deux jours avant le début des travaux et qui ont déposé le bilan au lendemain de l’ouverture ».

« Nous continuons d’avoir des interrogations sur le financement de ce lieu de culte dont le propriétaire est toujours le ministre d’Arabie Saoudite des Affaires Islamiques », indiquait aussi Christian Estrosi, qui souhaitait ouvrir une crèche à la place de cette mosquée.

>> A lire aussi : La nouvelle mosquée de Nice obtient l'autorisation d'ouvrir par la préfecture des Alpes-Maritimes

Une plainte déposée contre Christian Estrosi

La mosquée a été bâtie sur un terrain acquis par un Saoudien, devenu entre-temps ministre du Culte en Arabie saoudite et avec lequel les autorités aimeraient que l’association coupe les liens. Le changement de propriété est cependant retardé par les délais assez longs d’obtention du statut d’association cultuelle loi 1905 par l’État.

« Tout est prêt chez le notaire pour le legs », assurait en début d’année Me Ouassini Mebarek, l’avocat de l’association gérant la mosquée. Le bien a même été évalué en vue de sa donation, à 1,4 million d’euros pour le terrain et l’édifice.

Mi-février, cette même association avait porté plainte pour incitation à la haine raciale ou religieuse, et diffamation envers Christian Estrosi.